Greta Thunberg sera de retour à Bruxelles le vendredi 6 mars pour une marche en faveur du climat.

Presque un an après, l'activiste suédoise Greta Thunberg sera de retour à Bruxelles afin de manifester pour le climat. C'est notamment via le réseau social Instagram d'Anuna De Wever et de Youth for Climate que la jeune fille a annoncé son retour.

Si son retour a suscité pas mal d'engouement, une question persiste toujours. Les manifestants seront-ils au rendez-vous ? De plus en plus de manifestants remettent en question l'utilité de telles marches quand ils voient leur impact en 2019. On prend la température auprès de plusieurs étudiants qui sont allés manifester en 2019.

Mathilde, 20 ans: "J'ai cru que les choses allaient bouger"

"J'ai participé à plusieurs marches pour le climat. Sur le coup, j'ai vraiment cru que ça allait servir, que les choses allaient bouger et puis, un an après, je constate que rien n'a réellement changé". Finalement déçue de l'impact des manifestations, Mathilde n'est pas sûre de vouloir en faire une autre. De plus, elle trouve dommage qu'une partie des étudiants ne soient venus que dans le but de sécher les cours. Elle précise: "C'est normal que certaines écoles secondaires interdisent leurs élèves de venir ! S'ils ne viennent que pour faire un truc cool et après jeter des détritus par terre, qu'ils ne viennent pas !". Quand on lui parle d'un retour des marches pour le climat, Mathilde n'en veut pas. "Faire de temps en temps une marche, ça oui, mais toutes les semaines, ça ne sert à rien. Ça va juste diminuer l'impact du mouvement".

Maximilien, 22 ans: "Une marche? C'est inutile !"

Après avoir participé à une marche pour le climat, Maximilien était sûr qu'il n'en ferait plus. "Quand je vois l'impact qu'on a eu, c'est juste inutile, on voit bien qui décide... J'ai l’impression d'avoir bataillé contre une cause perdue d'avance". Le jeune homme est plutôt défaitiste concernant la suite des marches. Selon lui, la venue prochaine de Greta à Bruxelles ne changera rien à la situation. Il pense que si on veut vraiment faire changer les choses, chacun doit commencer par faire des efforts sur sa consommation et son mode de vie. "C'est un peu de l'hypocrisie d'aller à ce genre de manifestations pour après reprendre sa vie comme si de rien n'était".

Julie, 22 ans: "Ce qu'on a fait n'a servi à rien"

"J'ai participé à la marche qui avait rassemblé environ 65.000 personnes, c'était vraiment quelque chose d’exceptionnel !" Si la jeune fille est ressortie ravie de son expérience, un goût amer lui reste en bouche. "Quand je vois où on en est un an après, j'ai l'impression que ce qu'on a fait n'a servi à rien". Suite à l'annonce de la manifestation du 6 mars prochain avec la venue de Greta Thunberg, Julie s'est montrée plutôt enthousiaste. "Avec la présence de Greta, les choses vont peut-être bouger, quand on voit l'influence qu'elle a. Peut-être qu'on nous écoutera enfin". Malgré son enthousiasme, Julie est claire: "Je suis pour une manifestation, mais je suis totalement contre le retour des marches pour le climat". Elle explique que même si ça partait d'une bonne intention, plus on fera de marches et moins elles auront d'impacts.

Kévin, 19 ans: "Ces marches ont modifié nos comportements"

"J'ai participé l'année dernière à une des marches pour le climat avec mon école secondaire". Contrairement à d'autres écoles, celle de Kévin était favorable à emmener ses élèves aux manifestations. Et ça, le jeune homme en est fier. Selon lui, empêcher les élèves d'y participer signifie les priver de leur liberté d’expression. A l'opposé de ce que pensent certains, les marches pour le climat ont eu un réel impact pour lui. "Ces marches ont permis une prise de conscience écologique générale qui, par la suite, ont permis à des modifications dans notre manière de consommer", précise-t-il. Le jeune homme assure refaire une marche pour climat et la présence de Greta Thunberg n'y changera absolument rien. Il ajoute: "Personnellement, je ne trouve pas qu'on ait besoin qu'une personne se déplace pour aller manifester. Je le fais parce que c'est important et parce que j'espère qu'on sera entendu et qu'on nous écoutera". Quand on lui parle du retour des marches pour le climat, Kévin est neutre. Selon lui, ce n'est ni une bonne ni une mauvaise chose.

Laura, 19 ans: "Plus de marches banalisera notre lutte"

Après avoir participé à plusieurs manifestations pour le climat, Laura trouve que certaines choses ont changé: "A Tournai, je constate que la ville a réalisé plusieurs actions au niveau de l'écologie. Par exemple, lors d’événements, la ville n'utilisera plus que des gobelets réutilisables. Ça parait simple, mais chaque petit geste compte". Elle continue: "On peut voir que certaines écoles interdisent à leurs élèves de participer aux marches et c'est injustifié. C'est un peu contradictoire avec ce qu'ils nous apprennent, on nous demande d'avoir un esprit critique, et on nous dit que nous représentons l'avenir du pays, mais avec un tel refus, on nuit à notre apprentissage". En ce qui concerne les marches chaque semaine pour le climat, Laura n'y est pas favorable du tout : "Plus il y en aura, plus ça va banaliser notre lutte".

Si ces étudiants ont tous des avis différents, ils n'en restent pas moins engagés dans la lutte pour le climat. Pour les intéressés, rendez-vous à 14h le 6 mars pour le grand départ de la marche européenne pour le climat à la gare Centrale. Greta ne viendra pas seule, elle sera accompagnée de nombreux représentants européens du mouvement 'Fridays for future'.

Une chose est sûre, même si les avis concernant une énième marche sont mitigés, Greta Thunberg est claire. "Nous voulons voir tous les Belges dans la rue pour faire grève avec nous", clamait-elle dans un message vidéo.