C'est le sens de la proposition qu'ils ont formulée à l'administration pénitentiaire jeudi après-midi lors d'une concertation sur les règles de visite, qui fait suite à 48h de grève dans les établissements du pays entre mardi matin et jeudi matin. Aucune autre action syndicale n'est a priori prévue dans les prochains jours, laisse entendre Grégory Wallez, secrétaire fédéral CGSP Prisons. Les syndicats des gardiens de prison avaient appelé à une grève afin de protester contre un assouplissement des règles de visite pour les détenus alors que le coronavirus est toujours bien présent. Les représentants du personnel craignent un risque sanitaire accru, au moment où les contaminations repartent à la hausse. Le mouvement de grogne, qui a pris fin ce jeudi matin à 6h00, a été bien suivi, surtout dans les établissements situés en Flandre et à Bruxelles. En Wallonie, les agents étaient plus nombreux sur leur lieu de travail.

Lors de la réunion de concertation de jeudi, l'administration pénitentiaire a fait une proposition, jugée insuffisante par les syndicats qui estiment qu'elle campe sur ses positions. Ils ont dès lors formulé une contre-proposition, explique Grégory Wallez.

"On demande sept jours d'isolement et deux tests de dépistage pour les détenus qui ont bénéficié d'une visite hors surveillance. Nous ne demandons par contre pas de mesures supplémentaires pour celles à table", détaille-t-il.

"Nous ne refusons pas les visites", insiste le secrétaire fédéral CGSP. "Mais nous voulons qu'elles se passent de la meilleure manière possible. Il est logique, à nos yeux, de prendre une telle mesure vis-à-vis de personnes venant de l'extérieur et qui ne porteront pas de masque durant leur visite."

Le plaidoyer des syndicats est d'ailleurs similaire pour les retours de congés pénitentiaires et les sorties spéciales des détenus.

Les représentants des travailleurs attendent désormais une proposition par écrit de l'autorité, qu'ils espèrent recevoir d'ici à vendredi soir, avant de la présenter à leurs bases respectives. "S'il faut à nouveau déposer un préavis d'action, nous le ferons", prévient Grégory Wallez.

Selon lui, il n'y aura pas d'autre action syndicale dans l'immédiat. Il faut en effet déposer d'abord un préavis et ensuite laisser sa chance à la concertation, avant d'en venir effectivement à une nouvelle grève.