Environ 450 personnes mènent cette action qui a commencé il y a sept semaines. "Leur état est actuellement critique. Chaque jour sans solution les rapproche de la mort. Cette situation est dramatique", note l'archevêque de Bruxelles-Malines, Mgr Jozef De Kezel, dans un communiqué.

"Tout comme l'Union des Sans-Papiers pour la Régularisation (USPR), le Cardinal se dit satisfait de l'avancée des discussions avec les autorités pour examiner si certains blocages qui entravent les possibilités de procédure d'octroi de séjour ne pourraient être levés et si des circonstances exceptionnelles ne pourraient pas être invoquées", ajoute le communiqué.

Le primat de Belgique dit comprendre "le dilemme auquel font face les responsables politiques". "Il tient néanmoins à rappeler avant tout que, malgré leur situation illégale dans notre pays, il s'agit d'êtres humains : des personnes en danger qui appellent notre compréhension et notre compassion", conclut le communiqué.

La détermination des grévistes ne paraît pas faiblir. Jeudi, les portes de l'église étaient symboliquement fermées et placardées d'affiches noires arborant des messages comme "Morts pour des papiers, vraiment?" et "Politique humaine, où es-tu passée?"

Le rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits humains, et professeur de droit à l'UCLouvain, Olivier De Schutter était allé à leur rencontre plus tôt dans la journée. À l'issue de cette visite, il a soutenu l'intérêt des revendications portées par les grévistes, qui réclament des critères clairs de régularisation.

Jeudi soir l'Union des Sans-Papiers pour la Régularisation s'est félicitée d'une rencontre qui a eu lieu la veille dans les bureaux de l'Office des Étrangers (OE) entre le directeur de l'OE, Freddy Roosemont, la cheffe de cabinet de Sammy Mahdi, les représentants de l'USPR et des représentants de la société civile.

S'il n'y a pas d'accord qui a été conclu, l'organisation a parlé d'une "avancée" et souligné la tenue d'une "discussion de fond sur la possibilité de lever certains blocages qui entravent les possibilités de procédure d'octroi de séjour ainsi que sur les 'circonstances exceptionnelles' présentes qui pourraient être invoquées". Elle attend maintenant des "gages clairs d'introduction et de suivi des dossiers".

Le secrétaire d'Etat à l'Asile, Sammy Mahdi (CD&V), s'est jusqu'à présent opposé à l'établissement de critères de régularisation, rappelant encore vendredi sur les ondes de DH Radio qu'il s'agissait d'une faveur et non d'un droit. Il a proposé récemment l'établissement d'une zone neutre, soit une zone d'information à proximité du lieu où se trouvent des grévistes de la faim. Les sans-papiers pourraient y demander des explications sur leur dossier individuel et sur les options qui leur restent. En temps normal, les demandeurs d'asile doivent s'adresser eux-mêmes aux services compétents.