Les inspecteurs font une grève du zèle l’un des jours les plus chargés de l’année. Attention aux files…

Les premières actions de la journée de "grève du zèle" menée lundi à Brussels Airport par une partie du personnel de sécurité de l'aéroport se sont déroulées "sans incident", selon Bart Neyens, de l'ACOD (CGSP). La journée a commencé avec des contrôles systématiques des papiers d'identité et des tickets d'avion des passagers, aux portiques de sécurité menant vers la jetée dédiée aux vols à l'intérieur de l'espace Schengen. Mais ces contrôles zélés n'ont pas provoqué de files d'attente. "Il n'y a pas eu d'incidents", indique Bart Neyens. "Si cela avait été le cas, les gens auraient probablement dû attendre."

Durant le reste de la journée, des contrôles seront menés sur le tarmac, dans les sociétés de catering et auprès du personnel. Il sera par exemple demandé aux travailleurs de montrer les documents adéquats les autorisant à être présents à cet endroit. Le personnel de sécurité se rendra également au bureau du CEO de Brussels Airport, où ils veulent faire entendre leurs griefs une nouvelle fois.

Les perturbations pour les passagers devraient donc être quasi inexistantes.

L'action, initiée par les syndicats socialiste et libéral, ne vise pas à embêter les passagers mais à faire bouger les choses, indiquent les syndicats. En septembre, une concertation est prévue avec la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant au sujet du cadre législatif entourant l'organisation des services de sûreté de Brussels Airport Company. "Nous voulons qu'à ce moment il y ait une réelle concertation, que nous ne soyons pas mis devant des faits établis", explique Bart Neyens.

Le personnel de sécurité dépendant de l'aéroport nourrit des inquiétudes au sujet de son statut. Depuis le relèvement de la menace terroriste, ils ont dû laisser une partie de leurs tâches à la police, et craignent que d'autres tâches soient confiées à des sociétés privées. Les syndicats mettent par ailleurs en doute la sécurité de portiques de contrôle automatique.


Les raisons de la grève

L’aéroport de Bruxelles-National est-il devenu une passoire ? Un phénomène inquiète le personnel de sécurité : depuis le mois de mars dernier, une cinquantaine de personnes seraient parvenues à passer les portiques de la "zone Schengen" sans billet valable. Le 23 juillet dernier, deux passagers ont même réussi à s’introduire dans un avion de la compagnie espagnole Vueling sans carte d’embarquement. Ce qui a amené l’évacuation complète de l’avion… Dans le but de dénoncer cette situation, deux syndicats ont annoncé une grève du zèle pour lundi, un jour particulièrement chargé à l’aéroport. "Il y a sans doute eu encore davantage de personnes qui sont passées illégalement, mais nous n’avons pas pu toutes les recenser, explique Thierry Vuchelen du syndicat libéral. Avec les nouveaux portiques de sécurité, c’est comme dans le métro : certains se faufilent derrière ceux qui ont validé leurs billets."

Du côté de l’aéroport national, on conteste ces chiffres. "Je ne sais vraiment pas d’où ils sortent, explique une porte-parole. Il existe un système d’alarme qui s’actionne automatiquement si une personne tente de se faufiler derrière une autre dans le portique sans carte d’embarquement." Près de 40 000 personnes passent chaque jour par ces fameux portiques.

Sécurité : y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Mais les syndicats insistent, d’après eux, il n’y a plus de pilote dans l’avion en matière de sécurité au sein de l’aéroport. Ils évoquent un problème de hiérarchie. En fait, trois grands acteurs se partagent les missions de sécurité à Brussels Airport : le groupe G4S (contrôle des bagages), les policiers fédéraux (contrôle des passeports) et les inspecteurs dépendant directement de l’aéroport. Ces derniers, qui "sont formés comme des policiers", peuvent effectuer des contrôles n’importe où dans l’aéroport, ses alentours et supervisent aussi la fouille des bagages. "Mais depuis que le niveau de menace terroriste a été relevé en janvier, on leur a coupé l’accès à différents endroits, poursuit M. Vuchelen. Ils ne peuvent plus effectuer leur travail normalement et s’interrogent sur leur statut et leur avenir."

Ce sont donc ces inspecteurs qui mèneront cette grève du zèle ce lundi. "Nous ne voulons pas ennuyer les passagers, mais il y aura des contrôles approfondis dans et aux alentours de l’aéroport (parking)", prévient le délégué syndical. Du côté de l’aéroport, où l’on espère que cette action restera "ludique" et "limitée", on conseille aux passagers de venir plus tôt que prévu ce lundi.