Bpost n’a pas encore communiqué officiellement sur le sujet, mais le numéro deux de l’entreprise, Henri de Romrée, a démissionné il y a une dizaine de jours. Un départ qui pose pas mal de questions et dont les raisons restent floues à l’heure actuelle. “Je n’ai pas encore de détails sur le sujet, mais il semblerait qu’il s’agisse d’un désaccord entre Henri de Romrée et le PDG de Bpost, Jean-Paul Van Avermaet, indique Stéphane Daussaint, responsable général Bpost et Télécoms pour la CSC. Ce qui m’inquiète le plus dans cette histoire, c’est la représentativité des francophones dans le top management de l’entreprise. Henri de Romrée était le dernier Wallon dans la direction avec le président du conseil d’administration.”

Un manque de parité qui pourrait avoir de multiples conséquences. “Je constate que l’entreprise est de plus en plus flamande, et cela m’inquiète pour la vision globale de Bpost dans les années à venir, lance-t-il. Distribuer du courrier et Wallonie ou en Flandre, ce n’est pas du tout la même chose. Au nord du pays, on utilise par exemple beaucoup les vélos car les distances sont plus courtes. En Wallonie, cela a pratiquement disparu.”

Au niveau des investissements, le représentant syndical a aussi quelques craintes. “Sous la coupole d’une direction flamande, ne va-t-on pas privilégier la construction de nouvelles infrastructures en Flandre ? Dans un contexte de changements marqués avec l’évolution du nombre de paquet, je crois qu’il y a des équilibres à garder et que la direction l’a un peu oublié.”

Dans les prochains jours, les différents syndicats n’excluent pas des actions. “Je réfléchis à la meilleure manière d’agir, tempère-t-il. Nous avons une commission paritaire classique ce jeudi et le sujet y sera abordé. Il faut savoir que cette nouvelle met une tension supplémentaire chez les travailleurs. Le climat social est déjà tendu, notamment à cause de la charge de travail et s’il n’y a plus de capitaine à bord, tout le monde va se poser des questions.

Du côté de Bpost, on préfère ne pas rentrer dans les détails concernant cette démission. “Je peux juste vous dire qu’Henri de Romrée a quitté Bpost pour des raisons familiales, précise Delphine Van Bladel, porte-parole de l’entreprise. Il a été Chief Financial Officer de 2018 à 2019 et a dirigé l'activité Mail & Retail pour la Belgique, avant de reprendre les activités nord-américaines en 2020. Il est également membre du Comité Exécutif de bpost group et PDG de Radial, filiale américaine de bpost group."

Le principal intéressé a lui aussi réagi par voie de communiqué. "C’est un honneur pour moi de diriger, depuis un an, les activités de bpost group en Amérique du Nord . Au cours de cette période, Radial a connu sa première croissance rentable depuis son acquisition par bpost group et les équipes y sont parvenues tout en relevant les défis de la période COVID-19. La direction de Radial est claire et son succès futur assuré par l’équipe de direction de Radial qui a montré toute sa compétence."

Sa démission prendra effet à la fin de l'année.

Et en ce qui concerne la parité linguistique, ce sera bien un francophone qui prendra la place d’Henri de Romrée. “Le Comité exécutif respectera, comme il le fait toujours, les exigences et règles de gouvernance en vigueur. Les règles en termes d’équilibre linguistique seront donc également respectées au sein du conseil, indique la direction. Pour rappel, il faut au moins un francophone au sein du conseil exécutif.

De quoi rassurer les syndicats.