Il faudrait s'attendre à l'émergence de ce type de nouvelle mutation pour "les deux prochaines années", comme l'a expliqué le microbiologiste Herman Goossens (Université d'Anvers) à nos confrères du Nieuwsblad.

"Il n'est pas encore clair si le variant breton est plus ou moins contagieux que les autres variants. S'il vous rend plus malade non plus. Mais ce qui est frappant, c'est que le variant a échappé au test PCR. Plusieurs patients malades ont reçu un résultat négatif alors qu'ils ont montré des symptômes d'infection par Sars-Cov-2", a détaillé le microbiologiste auprès de nos confrères.

Le test PCR n'est-il donc pas fiable s'il est passé à côté de ce variant ? Certainement pas, selon le professeur de l'Université d'Anvers qui a tenu à rappeler que divers tests PCR existent. "Le test utilisé là-bas n'a pas répondu à ce variant, mais il ne faut pas généraliser ça à tous les tests PCR."

Pour le porte-parole interfédéral Steven Van Gucht, ce cas particulier démontre qu'il est "important que de nombreux tests différents soient utilisés par différents laboratoires". "Il est possible qu'un certain test ait un problème avec un certain variant, a ajouté le virologue. Cela ne signifie pas nécessairement que le problème concerne tous les autres tests."

Pour repérer ce type de variant avec certains tests PCR qui n'en sont pas encore capables, il suffira juste de faire quelques ajustements, comme l'a expliqué le porte-parole interfédéral au Nieuwsblad. "Cela peut être fait assez facilement avec des tests PCR, en ajustant certains réactifs." 

Le variant n'a pas encore été détecté en Belgique et, à l'heure actuelle, il est encore trop tôt pour savoir si les vaccins sont efficaces contre cette nouvelle mutation."Chaque fois qu'une mutation est découverte, elle fait l'objet d'une enquête approfondie. Ce n'est que lorsque des choses dérangeantes se produisent que les signaux d'alarme se déclenchent. Ce n'est pour l'instant pas le cas de la variante bretonne", détaille Herman Goossens qui rappelle que le variant britannique reste à ce jour la mutation la plus dangereuse dans notre pays et qui semble également plus mortelle, même si ce n'est pas encore scientifiquement prouvé. 

Pour conclure, le microbiologiste tient à souligner que les variants feront "l'histoire de la pandémie pour les deux prochaines années", mais que ceux-ci devraient toujours pouvoir être combattus par les vaccins. "Parfois, nous devrons ajuster les vaccins, parfois il s'avérera qu'ils offrent une protection suffisante. En soi, ce n'est pas dramatique: à un moment donné, nous aurons une vision si claire que nous savons quelles variantes se répandront."