Belgique

Paula, Helvina, Paul et Michiel: nos quatre derniers anciens combattants de 14-18

BRUXELLES L’an dernier, lors des cérémonies du 11 novembre, ils étaient encore sept à avoir connu les affres de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, ils ne sont plus que quatre. N’ayons pas peur de le dire : ce sont nos derniers anciens combattants de 1914-1918. Centenaires pour la plupart, Paula, Helvina, Paul et Michiel ont encore en mémoire ces jours terribles. Nos héros s’en souviennent.

Helvina Regina Massaer (née le 22 avril 1900) de Heist-op-den- Berg: `Au début de la guerre, j’avais 13 ans et ma sœur 14. Mes parents ont alors décidé de quitter Louvain pour rejoindre La Panne et nous ont envoyées à Londres pour suivre une formation d’infirmière. Ma sœur et moi sommes alors revenues en Belgique et avons commencé à nous occuper des blessés. J’ai poursuivi mon métier d’infirmière même lors de la Seconde Guerre mondiale.´Depuis 1989, Helvina réside dans une maison de repos.

Paula Idalia Mabilde (née le 24 janvier 1900) de Zelzate: Très jeune, Paula a été enrôlée au sien de la célèbre Brigade blanche, en qualité d’agent secret. C’est d’ailleurs sur les premiers tanks alliés que Paula se trouve lors de la libération de la ville de Zelzate. Après la guerre, Paula vécut avec sa sœur. Elle ne s’est jamais mariée. Longtemps, celles-ci ont hébergé un soldat canadien. Après le mariage de sa sœur, Paula a rejoint la maison de repos Bloemenbos. De la guerre, elle souhaite ne plus en parler.

Paul Jean Marie Ooghe (né le 17 mai 1899) d’Anderlecht: Toujours fringuant, Paul Ooghe participe activement aux célébrations du 11 novembre. L’an dernier, il était d’ailleurs assis au côté du Roi. `C’est à l’âge de 16 ans que j’ai rejoint l’armée. Je suis devenu téléphoniste. Mobilisé dans les tranchées. Une horreur! Les tout derniers jours de la guerre, une dizaine de mes amis soldats ont été tués par les Allemands.´Depuis plusieurs années, Paul coule des jours paisibles à Anderlecht avec sa fille Aline. `Et j’effectue encore ma petite balade quotidienne!´

Michiel Coghe (né le 5 avril 1895) de Gits: `Après avoir fait en sorte que ma famille était en lieu sûr en France, j’ai rejoint le régiment des 4e Lanciers. Nous avons toujours combattu à cheval.´ Après la guerre, Michiel s’est lancé dans l’agriculture et l’élevage porcin à Gits. Très tôt, il perdit son épouse Magdalena et son fils Noël. Avant d’aller se coucher, Michiel n’oublie jamais de boire sa petite bière. Chaque matin, il prend son petit déjeuner au lit.