Belgique

Le gouvernement mettra tout en oeuvre pour faire la lumière sur les attentats du 22 mars, a affirmé jeudi après-midi le Premier ministre Charles Michel lors de la cérémonie nationale d'hommage aux victimes des attaques contre l'aéroport de Bruxelles-National et la station Maelbeek du métro bruxellois organisée dans l'enceinte du parlement. "Nous ne céderons pas à la barbarie", a lancé le chef du gouvernement en présence du couple royal, des membres de son gouvernement - dont les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, tentés par une démission -, des ministres-présidents des entités fédérées (à l'exception du nationaliste flamand Geert Bourgeois, retenu par une cérémonie de moindre ampleur place des Martyrs, à quelques centaines de mètres de là) et de nombreux sénateurs et députés, des présidents des autres assemblées ainsi que du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et de son premier vice-président, Frans Timmermans.

"Le gouvernement et les autorités compétentes mettront absolument tout en oeuvre pour faire la lumière sur les attentats", a affirmé M. Michel (MR) au dernier jour de deuil national décrété après les attentats "les plus graves à avoir frappé la Belgique". Les deux attaques perpétrées à Bruxelles ont fait 31 morts et 300 blessés, selon un bilan toujours provisoire.

"Notre pays et nos populations ont été frappés en plein coeur". "C'est un acte abominable, cruel, lâche", a-t-il dit.

"Il ne pourra pas y avoir d'impunité (...) il ne pourra pas y avoir de zone d'ombre", a ajouté le Premier ministre, évoquant "la liberté au quotidien massacrée" à la station de métro Malebeek, "cette liberté sur laquelle le projet européen est bâti".

"Nous ne céderons pas à la haine, nous restons ensemble, unis et solidaires", a-t-il assuré en soulignant la "dignité" dont le peuple belge a fait preuve selon lui lors de ces attentats.

Il a encore assuré que la Belgique est "une démocratie que personne ne pourra détruire".

Le discours du Premier ministre a été suivi par ceux des présidents de la Chambre et du Sénat, Siegfried Bracke et Christine Defraigne, dans le même registre.

M. Bracke (N-VA) a évoqué un "sentiment d'horreur absolue" ressenti par tous les Belges en se disant convaincu que le terrorisme pourra être vaincu à terme par des "réformes profondes" associant le parlement.

La démocratie vaincra si elle est forte, a quant à elle déclaré Mme Defraigne (MR).

Un dépôt des fleurs sur le perron du parlement, une minute de silence, à 14h30, et l'hymne européen ont clos la cérémonie, tenue sur la place de la Nation, la cour d'honneur face à l'entrée principale du parlement.

C'était la première fois que le roi Philippe se rendait au parlement depuis son accession au trône, le 21 juillet 2013, a rappelé le palais royal.


Où était le ministre-président flamand ?

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois n'a pas pris part, jeudi après-midi, à la cérémonie nationale d'hommage organisée au Parlement fédéral.

Le chef du gouvernement flamand assistait à ce moment précis à un recueillement sur la place des Martyrs, à Bruxelles, où se trouve son cabinet.

Cette absence a suscité des réactions ici et là même si son cabinet précisait jeudi après-midi qu'il ne fallait rien voir derrière cette absence, le message concernant la cérémonie nationale d'hommage étant passé entre les mailles du filet, a-t-on fait valoir.

"Il n'y a eu aucune invitation personnelle, juste un message d'ordre général qui nous a apparemment échappé".

M. Bourgeois rappelle qu'il était aussi mercredi après-midi à l'hommage organisé à la Bourse, ainsi qu'à une cérémonie au Berlaymont.

Les magistrats bruxellois rassemblés pour une minute de silence

Les magistrats de Bruxelles se sont regroupés dans une des salles de la chambre du conseil jeudi à 14h30 pour observer une minute de silence en mémoire des victimes des attentats de mardi. Les juges ont interrompu leurs audiences jeudi, peu avant 14h30, pour se rassembler dans une salle du palais de justice de Bruxelles, avec tous les magistrats présents au palais de justice.

Ensemble, ils ont observé une minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et en soutien à leurs familles, comme dans de nombreux autres endroits à Bruxelles à la même heure.

Cette minute de silence nationale avait été décidée par le gouvernement fédéral mercredi.

Les audiences ont ensuite repris au palais de justice de Bruxelles.