Le ministre des Indépendants et des PME David Clarinval (MR) était l'invité de la RTBF ce mardi matin. Celui-ci est revenu sur la situation actuelle des indépendants. "Il faut absolument accompagner les indépendants sur le plan psychologique", a-t-il insisté. Celui-ci a annoncé la mise en place de huit séances gratuites de soutien psychologique pour ces travailleurs. "Je comprends bien qu'il ne s'agit pas de la priorité première pour ceux qui attendent une réouverture, mais il y a de plus en plus d'indépendants en souffrance et il faut en tenir compte".

Une ligne d’écoute gratuite spécifique est mise à disposition des travailleurs indépendants en détresse (0800/300.25).

Le rôle des sentinelles

Selon le ministre, la plupart des indépendants ne prendront pas spontanément l'initiative de se présenter à ce type de séance. "C'est dans leur tempérament", a-t-il pointé. C'est pourquoi des "sentinelles" vont être mises en place. "En déclenchant une alerte sur un formulaire en ligne, la sentinelle va ainsi pouvoir jouer un rôle de relais entre l’indépendant en détresse et une prise en charge adaptée à ses besoins. Notre objectif est de détecter les indépendants en détresse le plus précocement possible afin de les conduire vers une aide adaptée et ainsi prévenir une évolution de leur mal-être vers des troubles psychiques plus importants et un éventuel risque suicidaire", a détaillé le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

Ces "sentinelles" sont des personnes en contact avec les indépendants, comme par exemple un prestataire de soins, mais aussi un travailleur du CPAS, son comptable, son syndicat, sa caisse d’assurances sociales, son banquier ou directement par un psychologue ou orthopédagogue clinicien conventionné.

Stratégie au cas par cas

Suite au message du Premier ministre, s'adressant tant aux politiciens qu'aux experts, de ne pas mettre de l'huile sur le feu à l'approche du comité de concertation, David Clarinval s'est montré très prudent concernant les prochaines dates de réouverture. Celui-ci a néanmoins estimé que le délai de 4 semaines avant la réouverture des commerces non-essentiels et des métiers de contact devrait pouvoir être respecté.

Le ministre est également revenu sur la carte blanche des trois experts, publiée dans le journal "Le Soir" ce lundi, visant à mettre en place un label "covid safe" et à agir non plus par secteur mais au cas par cas. "Le gouvernement est favorable à cette stratégie pour le moyen-long terme", a affirmé David Clarinval. "Mais sur le court terme, il faut répondre aux secteurs en difficulté".