''Il n'y a pas de pagaille''

Belgique

Propos recueillis par Ch. Carpentier

Publié le

Le patron de l'Office des étrangers réplique aux critiques sur l'accueil

BRUXELLES Des centaines de personnes sur le trottoir. Des tentes de fortune. Des lieux d'hébergement parfois difficiles à trouver Le démarrage de la réforme de l'accueil des demandeurs d'asile désormais privés d'aide financière a été plutôt chaotique. Pour cause d'incompétence du personnel de l'Office des étrangers?

`Pas du tout´ rétorque leur patron, Stephan Schewebach, dans l'entretien qu'il nous accorde. `On oublie trop que l'Office des étrangers est compétent quand les gens rentrent dans son immeuble. Tout ce qui est autour ou avant relève d'autres niveaux. Cela ne nous empêche pas d'essayer de gérer la situation actuelle avec la police de Bruxelles. Mais on est dans des chiffres sans précédent, avec des arrivées massives par filières dans le but de toucher le minimex et les allocations familiales.´

Etait-ce à ce point attractif?
"Pour certains, c'est quasi un an de chez eux en un seul mois chez nous. Alors, énormément viennent sous des visas touristiques donnés par des pays de Schengen ayant des sympathies. L'Allemagne donne ainsi des visas à certaines minorités de pays de l'est. Les Français, eux, font beaucoup sur le Congo ou pour des Iraniens."

Et pourquoi vers la Belgique?
"Parce que nous restions un des seuls pays donnant de l'aide en argent. On voyait par exemple des Iraniens attendre que les centres d'accueil soient complets pour introduire leur demande, et ainsi tomber sur l'aide financière via les CPAS. L'opération de régularisation des sans papiers a aussi été un facteur d'attraction extraordinaire: la Belgique était le pays où on donne des papiers."

L'opération était-elle une erreur?
"Comme on l'a faite, oui."

Pour revenir à l'accueil des demandeurs, comment expliquez-vous l'impression actuelle de pagaille?
"Il n'y a pas de pagaille. On a connu un flottement dû à l'afflux massif de gens sachant que l'aide financière allait être terminée. À présent, nous avons la situation sous contrôle: on sait qui est là."

Mais ces tentes de l'armée où des centaines de gens attendent, est-ce normal?
"Nos salles d'attente sont trop petites. Dès décembre, on a cherché un lieu de transit en dur proche de l'Office avec la ville de Bruxelles. Aucun bâtiment n'était libre. On a donc dû trouver une solution d'urgence, et l'armée est venue avec ses tentes tout près d'ici, pour nous permettre de continuer à maîtriser la situation."

Mais l'afflux massif n'était-il pas prévisible bien avant?
"Nous avons fait des prévisions et des demandes. Mais les procédures sont lourdes avant d'obtenir des choses. Le pouvoir politique a pris ses responsabilités et je n'ai pas à en juger. Moi, administration, je ne pouvais pas aller plus vite. Prenez l'exemple des interprètes: je dois travailler avec des gens sous statut d'indépendants à qui je ne peux pas demander d'être là dès 5 heures du matin."

L'accueil d'aujourd'hui est-il le meilleur possible?
"C'est le moins mauvais possible et c'est très temporaire. La suppression d'aide en nature va faire baisser les chiffres. Et la nouvelle loi sur l'asile, avec la création des centres d'accueil régionaux, permettra une dispersion des demandes. Je vais essayer d'anticiper déjà un peu les choses. Dès février, on va faire des interviews en province, là où les gens sont hébergés."

En attendant, n'y a-t-il pas eu un problème concret d'information des demandeurs d'asile?
"Peut-être, mais on doit aussi faire face à des "contre-informants" créant la confusion, comme certains médias, certaines ONG ou même parfois certains parlementaires qui ne sont jamais contents. Mais des fonctionnaires partent dans les centres d'hébergement, pour informer les gens."

Newsletter DH Actu

A lire également

Notre Sélection d'annonces avec LOGIC-IMMO.BE

Fil info