Voir le positif dans une vie de famille chahutée, c’est tout le talent de Caroline.

Sous un toit d’Etterbeek, dans un beau duplex ensoleillé, Caroline et Enguerran terminent la deuxième semaine de confinement. D’autant plus confinés depuis lundi, depuis que le papa de Roxane, 4 ans et demi et Corentin, 2 ans est alité avec un virus non identifié… que le médecin de famille suit de près par téléphone.

Alors, Caroline s’occupe des petits et de son mari avec toujours beaucoup d’énergie et d’optimisme. Malgré la situation (déléguée médicale, elle a été mise au chômage économique), elle parvient à voir les belles choses : "Les enfants sont vraiment cool, on a de la chance ! Comme il m’arrivait assez fréquemment de travailler de la maison l’après-midi, ils ont pris l’habitude de s’occuper seuls, sans que je doive trop intervenir pour faire le gendarme ni initier les jeux."

Et pour son manque à gagner, la jeune femme d’une trentaine d’années relativise : "On ne paie plus la crèche. Nous qui sortions pas mal, on ne le fait plus, on ne dépense plus rien quoi !", espérant que cela ne dure pas trop longtemps. Ils ont la chance d’avoir une belle terrasse qui surplombe les toits de Bruxelles : un terrain de jeu utile pour les deux petits, et pour elle, "pour respirer". Parce que la vie confinée, ce n’est tellement pas humain ! "On le sent que parfois, ça bouillonne fort chez les enfants, alors on leur permet par moments de faire les fous, de sortir ce qu’ils ont en eux, ce qu’on ne faisait pas avant."

Roxane et Corentin sont d’ailleurs en train de consolider un lien fort entre eux, remarque leur mère : "Ils s’entendaient bien mais pas comme ça. La situation fait qu’ils passent beaucoup de temps ensemble, font attention l’un à l’autre, ça me touche de les voir."

Pour elle comme pour sa famille, ces deux semaines ont été éprouvantes mais "c’est paradoxal parce que cela a consolidé le lien : je reçois énormément d’appels, de messages de ma famille, de mes amis, de personnes avec qui on ne se donnait pas tant de nouvelles que ça. C’est très fort et ça fait du bien".

Cela fait oublier que les vacances tombent à l’eau, que le mariage de son frère est compromis, que le grand jardin des parents est inaccessible ? "En quelque sorte, oui, même si l’incertitude, l’impossibilité à se projeter est très stressante à gérer."

Alors Caroline, elle aussi, communique. Et se veut solidaire : "On a un rituel avec Roxane : on va applaudir à 20 h, je lui ai expliqué pour qui, pour quoi… il y a beaucoup d’émotions et c’est beau de partager ça avec ma fille."

© D.R.