Aucune impunité pour les crimes de guerre. Tel est le message qui résonnait dimanche dans les rangs du gouvernement fédéral après la découverte de nombreux cadavres dans la ville de Boutcha reprise à l'armée russe. "Les images en provenance de la ville de Boutcha confirment les craintes qui nous ont poussés depuis février à soutenir l'ouverture de différentes enquêtes internationales dont celle de la CPI. Aucune impunité ne doit être permise", a déclaré sur Twitter la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.


"Pas d'impunité pour les crimes de guerre", a dit pour sa part le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne.


Selon lui, les ministres européens de la Justice sont unanimes sur la question. Lundi passé, sept d'entre eux se sont accordés sur la façon de procéder en compagnie du commissaire européen à la Justice, Didier Reynders. L'Agence européenne pour la coopération judiciaire Eurojust a annoncé la mise sur pied une équipe d'enquêteurs chargée de recueillir des preuves d'éventuels crimes de guerre ou de crime contre l'humanité. Elle servira de passerelle entre les enquêtes des Etats membres de l'Union européenne et l'enquête de la Cour pénale internationale. Europol et les services de police se chargent quant à eux de coordonner les procédures pour recueillir les déclarations de victimes ou de témoins de crimes de guerre en Ukraine.

Le 3 mars, le procureur général de la CPI à la Haye, le britannique Karim Khan, a annoncé l'ouverture immédiate d'une enquête sur la situation en Ukraine. Tous les membres de l'UE, l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande ou encore la Suisse ainsi que des pays d'Amérique latine ont donné leur aval.

Dans la majorité, le président du PS, Paul Magnette, a pointé du doigt la responsabilité du président russe, Vladimir Poutine. "Des centaines de corps de civils dans les rues. Les images qui nous parviennent de Boutcha témoignent des crimes atroces commis par les troupes russes. Vladimir Poutine devra répondre de ces crimes devant la justice internationale", a-t-il dit.

S'il n'a pas visé nommément la Russie, le député Samuel Cogolati (Ecolo-Groen) estime que la neutralité face à ce massacre devient coupable.

"Les images des massacres barbares contre des civils innocents, les mains liées, sont juste insoutenables. Plus que jamais, rester neutre revient à choisir le camp du bourreau. Notre responsabilité est de mettre fin à l'impunité de ces crimes de guerre, a-t-il souligné.

Dans l'opposition, le président de DéFI, François De Smet, a quant à lui parlé d'"images d'un autre temps, intolérables". "Il est temps d'appeler ces faits comme ils le méritent, à savoir des crimes de guerre", a-t-il ajouté. "La livraison de dispositifs antiaériens et le renforcement des sanctions sont nécessaires, pour contraindre la Russie à stopper cette guerre."