Belgique

De plus en plus de ménages demandent une assistance médicale pour concevoir un enfant

BRUXELLES Un couple (hétéro ou non) sur six aurait besoin d'aide pour procréer. Des chiffres qui font froid dans le dos. Surtout lorsqu'on sait qu'en 1993 il s'agissait de 7 couples sur 100. Le remboursement d'une partie de ces frais pourrait expliquer une telle hausse. En 2007, "2 % des bébés sont nés grâce à des traitements de fertilité".

"En Belgique, l'infertilité augmente suite à des causes évitables. La moitié des traitements de la fertilité sont effectués en raison de l'âge et de facteurs liés au style de vie. Nous devons et nous pouvons réduire ce chiffre en favorisant une prise de conscience de la fertilité (fertility awareness)", explique Petra De Sutter, du centre de fertilité de l'hôpital universitaire de Gand.

L'âge de la mère (problèmes au-delà de 35 ans), la pollution, le tabagisme ou encore l'excès pondéral sont autant de facteurs qui affectent la fertilité du couple... et celle de l'enfant à naître !

"Une prévention systématique s'impose donc, tout comme le courage politique et de nouvelles techniques de fertilité, ajoute la médecin gantoise. En continuant à communiquer en permanence et de façon ciblée, nous pourrons informer davantage d'hommes et de femmes sur les facteurs de risque et la façon de les éviter. Si nous facilitons en outre le planning de la carrière des femmes et que nous créons un cadre social stimulant la maternité à un plus jeune âge, nous aurons fait un pas décisif. Les progrès de la technologie apportent eux aussi un certain nombre de solutions : cryoconservation d'ovaires, don d'ovules, cellules souches ou clones. Ces techniques occuperont à l'avenir une place de plus en plus importante pour réaliser le désir d'enfant."

La Dr Candice Autin, du CHU Saint-Pierre, explique, quant à elle, que "les centres mettent tout en oeuvre pour optimaliser la prise en charge et l'accompagnement des couples. L'accompagnement ne se cible plus uniquement sur l'assistance médicale, mais aussi sur le conseil en matière de mode de vie et sur le soutien psychosocial avant, pendant et après les interventions".

Mais de nouvelles directives pourraient compliquer les procédures de fécondation in vitro (FIV) en 2008. "Depuis 2007, la pensée éthique et l'action ont été structurées, souffle le Dr Vanderkerckhove. Cela peut paraître surprotecteur et limité, mais ce modèle pourrait être applicable aux pays qui nous entourent. Néanmoins, quelques adaptations des centres de fertilité devraient être encore possibles."



© La Dernière Heure 2008