"Le plus important, c'est d'avoir des choix clairs", a-t-il expliqué. "La question, ce n'est pas: Infrabel demande plus d'argent, mais elle demande des choix clairs. Ce qui est important, c'est qu'il y ait une correspondance entre les moyens qu'on nous donne et les besoins que l'on doit satisfaire".

Une négociation est en cours avec le gouvernement sur les moyens d'investissement pour les dix prochaines années. L'entreprise publique demande un équilibre entre les moyens et les obligations qui seront imposées, et de la stabilité. "On ne peut pas changer le cadre budgétaire chaque année", a demandé M. Gilson.

Infrabel a parfois manqué de transparence sur ses chiffres dans le passé, a reconnu le CEO, et fourni trop peu d'arguments pour justifier ses demandes. La situation a changé, a-t-il assuré. "On n'avait pas cette transparence que l'on a aujourd'hui pour montrer ce que l'on fait, avec un timing, un budget, un résultat".

Les défis sont importants. Le patron d'Infrabel s'est réjoui des efforts du gouvernement en matière d'investissement après des années passées à reporter une partie d'entre eux. Une dotation de 2,5 milliards d'euros est prévue de 2022 à 2024. Un quart des moyens du plan de relance ira au rail. Mais la situation reste compliquée particulièrement pour la dotation d'exploitation dont les moyens ont baissé de 91% depuis 2005. Or, le réseau vieillit: 22% des passages à niveau sont en fin de vie, 12% des voies, 23% du revêtement des passages à niveau, 20% de la caténaire et 3.000 kilomètres du réseau de fibre optique.

Infrabel souffre également d'un manque de personnel. De près de 11.500 équivalents temps plein en 2015, le nombre est passé à 9.426. Le déficit en personnel est de 774 travailleurs, soit 7,6% des besoins.

"Nous avons besoin d'environ 10.200 personnes pour pouvoir fonctionner", a estimé le CEO. "Nous l'avons calculé de manière précise sur la base d'un modèle. Nous savons par exemple que nous avons besoin d'autant de personnes par 10 kilomètres de voies à entretenir. Avec le budget que nous avons, nous ne pouvons payer 9.600 personnes. Pour le moment, nous en avons 9.400", a expliqué M. Gilson, en insistant sur certaines difficultés de recrutement. "Les jeunes en Belgique ne veulent pas travailler 100 nuits par an et un week-end sur deux. Trouver du personnel n'est donc pas évident".