C'est le ministre wallon du Climat, Philippe Henry, qui a commandé une analyse du déroulé des événements et des décisions prises par les autorités, avec un focus particulier sur la gestion des barrages, parfois mis en cause dans les crues.

Thomas Michaud, chef-adjoint du département eau et environnement chez Stucky, Catherine Fallon, professeure responsable au centre de recherche interdisciplinaire Spiral, et Jacques Teller, professeur d'urbanisme à l'ULiège, ont fait part de leurs premières conclusions. D'après les données hydrologiques, météorologiques et hydrauliques, mais aussi des observations de terrain, il ressort notamment que cet épisode peut être qualifié de rare à très rare en termes de répartition et d'intensité, les modèles ALARO et ECMWF de prévisions météo ont sous-estimé les précipitations.

La partie portée sur la gestion des barrages, en particulier sur celui d'Eupen, conclut qu'étant donné la rapidité de la crue, il n'était pas possible de faire des lâchers d'eau préventifs. "Sans la présence du barrage, la situation aurait été bien plus catastrophique, et on ne peut pas attribuer un phénomène de vague au mode de gestion du barrage" a précisé Thomas Michaud. La réserve minimale du barrage d'Eupen aurait notamment été doublée, mais cela n'a pas été suffisant compte tenu de la quantité de précipitations, selon l'analyse indépendante.

Les procédures ont bien été respectées aux différents barrages lors des inondations a le ministre Henry (Ecolo). "Le rapport montre que nous avons effectivement subi une catastrophe extrême à laquelle nos systèmes de prévention n'ont pas été préparés", a déclaré Philippe Henry.

"Les barrages ont joué un rôle important pour limiter la crue. Bien sûr, à un moment, le barrage d'Eupen a été plein, ce qui n'a pas permis de retenir la totalité de l'eau. Cependant, les procédures ont été suivies et les infrastructures dont celle d'Eupen ont été gérées sur base des méthodologies prévues", a-t-il ajouté.

"Il n'y a pas eu de lâcher d'eau. C'est une ensemble d'éléments qui ont mené à la situation que nous avons connue: la brutalité des précipitations, la saturation des sols ou encore le fait que des déchets soient emmenés et provoquent des bouchons dans le réseau. Il est compliqué de reconstituer le déroulé exact des événements, mais c'est beaucoup plus complexe que ce que certains ont laissé entendre, notamment concernant le barrage d'Eupen", a encore expliqué le ministre, sur base du rapport.

La seconde partie du rapport est attendue pour la mi-novembre.