L'organe indépendant de contrôle des prisons et du traitement des détenus témoigne de son "inquiétude" dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne. "Il n'est pas compréhensible qu'aujourd'hui, comme l'ont été hier les maisons de repos, les prisons ne soient pas considérées comme autant de lieux clos où toutes les personnes qui s'y trouvent doivent être vaccinées en priorité", signale l'instance. Pour le CCSP, les détenus sont enfermés, et donc davantage exposés aux risques de contagion qu'à l'extérieur.

Le Comité consultatif de bioéthique de Belgique a d'ailleurs émis fin 2020 un avis qui préconise une échelle de priorisation plaçant au sein du groupe 3 (sur 4) les détenus, exposés à une promiscuité importante. Les recommandations du Conseil supérieur de la santé de février 2021 vont dans le même sens.

Pourtant, même la phase de vaccination des détenus de 65 ans et plus et/ou souffrant de comorbidité, soit 1.800 détenus sur 10.500, n'a pas encore été achevée partout (notamment au sud du pays), pointe le CCSP.

En plus du risque pour la santé des prisonniers, le coronavirus a aussi fortement détérioré leurs conditions de vie - déjà précaires auparavant. Ainsi, les contacts entre les détenus et leurs visiteurs (y compris avec les enfants) sont toujours interdits sous peine de sanction, les visites dans l'intimité n'ont plus été organisées depuis 15 mois (sauf pendant un mois en septembre 2020) et les détenus ne peuvent pas pratiquer de sport à l'intérieur.

Le CCSP appelle solennellement le ministre de la Justice à prendre l'initiative d'une vaccination prioritaire de l'ensemble des détenus contre le Covid-19.