Belgique

Les six personnes interpellées à la suite de perquisitions menées ce lundi dans le cadre de l'instruction relative à la tentative d'attentat commise dans le Thalys entre Amsterdam et Paris le 21 août 2015, ont été remises en liberté sans être inculpées, a indiqué lundi le parquet fédéral, qui a précisé que leur interpellation était liée à de simples vérifications. 

Quatre perquisitions ont été menées lundi matin à Molenbeek-Saint-Jean, une à Woluwe-Saint-Lambert et une à Haren. Ni armes ni explosifs n'ont été découverts. Les perquisitions menées lundi matin faisaient suite à la tentative d'attentat dans un train Thalys en direction de Paris le 21 août dernier. Ayoub El Khazzani, âgé de 26 ans, était alors monté lourdement armé à bord de ce train à grande vitesse à la gare de Bruxelles-Midi. Il s'était ensuite caché dans les toilettes, dont il était sorti une arme à la main juste avant que le train ne franchisse la frontière française. Quatre voyageurs (trois Américains et un Britannique) s'étaient interposés et avaient maîtrisé l'individu. Trois passagers avaient finalement été blessés.

Quelques jours après les faits, Ayoub El Khazzani avait été inculpé en France pour tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste.

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En possession d'un véritable arsenal

Le 21 août dernier, armé d’une kalachnikov, Ayoub El Khazzani avait projeté d'assassiner des gens dans le Thalys. Il avait été stoppé grâce au courage de deux militaires américains qui avaient su le maîtriser. Il a cependant nié avoir eu une telle ambition. Il a prétendu avoir trouvé les armes par hasard à Bruxelles dans un parc où il dit avoir passé la nuit avant d’embarquer dans le train au départ de la gare de Bruxelles Midi. Il a aussi affirmé que son intention se serait limitée à braquer et rançonner les passagers. Des explications invraisemblables au regard de l’arsenal retrouvé en sa possession : une kalachnikov et neuf chargeurs supplémentaires de rechange (soit un total de 300 balles), un pistolet automatique ainsi que d'une bouteille contenant un demi-litre d'essence.

Ce Marocain avait été repéré dès 2012 et fiché en Espagne avant d’être signalé dès 2014 à la France et à la Belgique. Selon les éléments de l'enquête divulgués par le procureur de la République, Ayoub El Khazzani serait revenu en Europe le 4 juin 2015 à bord d'un vol provenant d'Antakya en Turquie, pays à partir duquel il est soupçonné d'avoir rejoint la Syrie dans les semaines précédentes.

Une soeur vivant à Molenbeek

Pendant sa garde à vue, Ayoub El Khazzani a nié s'être rendu en Turquie mais a reconnu avoir séjourné cinq à sept mois à Aubersvilliers en Seine-Saint-Denis, dans l'agglomération parisienne, en 2014. C'est à ce moment qu'il a travaillé pendant une période de deux mois au sein de l'opérateur téléphonique Lycamobile, du 3 février au 3 avril 2014.

Le suspect avait séjourné chez sa soeur, résidant à Molenbeek-Saint-Jean, peu de temps avant sa tentative d'attentat. Celle-ci a été entendue par des enquêteurs lors d'une perquisition menée à son domicile par le parquet fédéral belge. Selon le procureur de la République de Paris, elle aurait nié à cette occasion avoir hébergé son frère.

Ayoub El Khazzani est aujourd'hui écroué en France pour tentative d’assassinats terroristes.