Le ministre francophone de l'Aide à la jeunesse Rachid Madrane (PS) appelle jeudi les différents ministres compétents à collaborer pour offrir aux jeunes dits "incasables" une prise en charge adéquate. 

Cela alors qu'un arrêt de travail de 24 heures a lieu depuis 06h00 à l'institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ) de Wauthier-Braine, notamment en raison de la présence en son sein d'un jeune présentant des difficultés multiples, à la croisée de la psychiatrie, du handicap et de la protection de la jeunesse. Trop souvent, alors qu'ils devraient bénéficier de soins adaptés et être hébergés dans une structure spécialisée dans la prise en charge des personnes handicapées ou dans un établissement psychiatrique, ces jeunes se retrouvent en dernier recours en IPPJ, constate Rachid Madrane. Selon lui, "seule, la protection de la jeunesse n'est pas outillée pour prendre ces jeunes en charge de façon adéquate".

Le ministre a d'ailleurs inséré cette dimension dans le Code de la prévention, de l'aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse, voté en janvier 2018, rappelle-t-il. Le jeune ne peut ainsi être confié à une institution publique s'il souffre d'un handicap mental ou d'un trouble mental, stipule le texte, justifiant cela par l'intérêt du jeune.

Rachid Madrane s'est en outre attelé à la création de structures dédiées spécifiquement à ces jeunes. Les compétences en la matière étant réparties entre différents ministres, il a proposé de mettre en commun les efforts et les financements pour mettre sur pied des structures de prises en charge adaptées, "afin de permettre l'entrée de ces jeunes dans un véritable circuit de soins, qui garantisse également la sécurité publique lorsque ces jeunes commettent des actes de délinquance". Des sollicitations qui n'ont pas pu aboutir à ce jour, constate-t-il, réitérant dès lors son appel.

Renvoyer ces jeunes en souffrance en IPPJ constitue même "une forme de violence institutionnelle", estime Rachid Madrane. "La réponse aux situations de ces jeunes que personne ne veut prendre en charge car ils présentent des difficultés multiples exige des responsables politiques concernés la poursuite de la construction de collaborations entre services et entre les différents niveaux de pouvoir. Il en va de notre responsabilité à tous", conclut-il.