Le ministre-président flamand et ex-ministre fédéral de l'Intérieur, Jan Jambon, a affirmé dimanche qu'il revenait en première instance à la hiérarchie de la police fédérale d'ouvrir une enquête disciplinaire sur le décès d'un ressortissant slovaque, Jozef Chovanec, en février 2018, après une intervention policière, dans une cellule de l'aéroport de Charleroi. M. Jambon (N-VA) a assuré samedi, devant la presse, qu'il n'avait jamais eu l'intention de déformer la vérité sur sa connaissance de l'affaire Chovanec. Il a toutefois regretté des "déclarations hâtives" et affirmé que son cabinet n'avait commis aucune faute dans le traitement de ce dossier.

Il a précisé dimanche s'être basé sur un rapport de police qui n'est peut-être pas conforme aux faits. Si l'enquête judiciaire montre que tel est le cas, "alors il faudrait l'examiner plus en détail", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision privée flamande VTM alors que plusieurs parlementaires fédéraux et régionaux ont exprimé des interrogations sur son attitude dans cette affaire.

Certains d'entre eux, en particulier des élus sp.a et Groen (dans l'opposition en Flandre) mais aussi de l'Open Vld, un partenaire de majorité de la N-VA, estiment qu'il aurait pu, en tant que ministre de l'Intérieur, entamer une enquête disciplinaire sur les faits.

M. Jambon leur a répondu dimanche que c'était à la hiérarchie de la police fédérale d'ouvrir une telle enquête en première instance, avant que le dossier n'aboutisse ultérieurement au cabinet du ministre.

L'actuel ministre-président flamand a réaffirmé qu'il n'avait pas songé à démissionner de cette fonction après les dernières révélations dans l'affaire Chovanec. Il a dit s'être retrouvé au centre d'une "tempête" en raison d'une "communication imprudente".

Les commissions de l'intérieur et de la justice de la Chambre entendront mardi M. Jambon ainsi que l'actuel commissaire général de la police fédérale, Marc De Mesmaeker, et sa prédécesseure, Catherine De Bolle.

Lundi, la commission spéciale chargée de l'accompagnement parlementaire du Comité permanent de contrôle des services de police doit entendre le Comité P à huis clos.