Le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) veut voir davantage de gens au travail, entre autres dans les secteurs de la construction et des titres-services, où le mécanisme du chômage temporaire est, à ses yeux, parfois trop rapidement demandé, a-t-il indiqué mercredi au Parlement flamand.

Le gouvernement flamand n'a pour le moment par l'intention d'élargir le système actuel d'indemnités, a ajouté M. Jambon. "Cela ne veut pas dire que nous ne gardons pas à l'oeil tous les autres secteurs : les indépendants, le secteur culturel, le monde sportif, le secteur de la jeunesse et de l'événementiel, les agences de voyage, les sociétés d'autocars, etc... qui sont naturellement aussi concernées", a énuméré le ministre-président. "Je m'engage sur le fait qu'une mesure sera prise aussi pour ces personnes. Mais l'indemnité actuelle reste réservée à ceux qui sont obligés de fermer à la suite des mesures prises par le Conseil national de sécurité."

Selon M. Jambon, l'accent doit être mis sur davantage d'activité économique. "Si cela peut se faire dans des conditions sûres, nous devons voir à nouveau davantage de personnes au travail. Je pense qu'il est trop facile d'obtenir le chômage économique. C'est aussi un bon acte citoyen que de continuer à faire tourner la société. J'appelle dès lors le secteur privé à prendre ses responsabilités."

Jan Jambon cite les secteurs de la construction et des titres-services comme étant des secteurs où les règles de distanciation sociale peuvent être respectées. "La plupart des gens peuvent se trouver à l'étage lorsque la femme de ménage travaille en bas. Je pense qu'il y a davantage de travail à faire que ce qui est réalisé aujourd'hui."

Le CEO de Group Daenens, entreprise active dans le secteur des titres-services et qui emploie 14.000 employés, s'est outré des propos de Jan Jambon: "Cela prouve que le ministre-président ne connait rien à la réalité du terrain", a commenté Nico Daenens. Il pointe que les aidants ménagers assistent souvent des personnes âgés moins mobiles ou des familles dont les enfants ne vont pas à l'école pour le moment, et donc que la possibilité de travailler dans une autre pièce que les occupants n'est pas réaliste. Il souligne aussi que de nombreux clients ont annulés les services ménagers par crainte d'infections.