“J’ai vu des gens d’à peine 45 ans branchés à des respirateurs artificiels pendant des semaines, mais aussi des personnes mourir. J'ai appelé les proches de ces patients tous les jours, j’ai tissé un lien fort avec beaucoup d’entre eux”, raconte-t-il.

Jasper estime qu’il est important que tout le monde continue à respecter les mesures: “Rester à la maison et pouvoir faire ce que l’on veut est vraiment le paradis comparé au quotidien des personnes placées en soins intensifs".

Grâce à un concours de circonstances, le Belge a pu être parmi les premières personnes vaccinées. Selon la stratégie de vaccination britannique, les personnes les plus vulnérables sont en effet les premières à devoir l'être. Cependant, les vaccins ne peuvent être conservés que pendant une durée limitée et il se fait qu'il restait encore des doses ce jour-là.

“Je travaillais à l’hôpital quand j’ai reçu un appel disant qu’il restait des vaccins et on m’a demandé si j’étais intéressé par la vaccination”, explique-t-il. “Les longues journées de travail qui se terminent à des heures tardives peuvent avoir des avantages”.

Jasper dit n'avoir ressenti aucun effet secondaire des suites de la vaccination: "Oui, vous pouvez être allergique. Mais vous ne pouvez vraiment pas comparer ce petit risque avec la suffocation par manque d’oxygène parce que vos poumons ont été endommagés."

Dans environ trois semaines, il devrait recevoir la deuxième dose du vaccin. “Cela ne fera pas beaucoup de différence pour moi. Je n’ai jamais vraiment eu peur pour ma propre santé, mais j’ai toujours craint de transmettre le virus à mes parents, qui ont la soixantaine. Il faudra encore beaucoup de temps avant qu’ils ne reçoivent le vaccin. On ne sait pas encore si je pourrais transmettre le virus une fois que je serai vacciné. Je ne serai donc pas complètement rassuré tant que tout le monde ne l'aura pas été mais je suis optimiste car cela ne durera pas éternellement”, conclut-il.