Si les métiers de contact rouvrent enfin lundi, d’autres secteurs sont pour l’instant mis de côté par le Codeco. La raison est simple : ils seront les derniers à déconfiner. Et vu la tournure du Comité de concertation de ce vendredi, ils ne doivent pas s'attendre à des perspectives à court terme... 

L’horeca

Après une première fermeture en mars dernier, le secteur de l’horeca avait pu rouvrir durant l’été. Fin octobre, l’horeca a de nouveau été contraint de fermer ses portes. Depuis, le secteur entre peu dans les discussions et cela provoque la colère des professionnels, qui accusent le coup. “On a l’impression que le ministre Vandenbroucke en veut particulièrement à l’Horeca, mais je me demande bien pourquoi, avait indiqué, dans nos colonnes de ce mardi, Philippe Trine, président de la fédération Horeca Bruxelles

Salles de sport

“Je crois que la seule fois où notre secteur a été évoqué au Codeco, c’était pour rigoler et dire qu’on nous considère comme récréatif, lance Corentin Poels, initiateur du collectif “Sport is essential” qui a récolté près de 10. 000 signatures. Mais c’est un constat lié au pays. Le sport n’est pas perçu comme essentiel, ni par les politiques, ni par les experts. Pourtant, le sport est tout aussi important au niveau mental mais aussi niveau de la santé.”

Avec ce collectif, les salles de sport réclament des aides et une vision de perspective sur la réouverture. “En plus de 6 mois de fermeture, on a reçu uniquement 5.500 euros, assène Corentin Poels. On veut des perspectives car s’il n’y en a pas, ça va être la catastrophe pour nous. Les banques vont arrêter de nous soutenir.”

Boîtes de nuit

Si l’horeca et les salles de sport ont pu, à un certain moment, rouvrir, ce n’est pas le cas des boîtes de nuit. En effet, depuis près d’un an, il est interdit pour les discothèques d’accueillir les fêtards. Comme dans de nombreux secteurs, les aides ne suffisent pas. “Il en faut beaucoup plus, déclare Marc Ronveaux, gérant de la discothèque “Le Moulin de Solières”. On n’a aucun revenu depuis presque un an et il y a même des primes que je n’ai, personnellement, pas reçues. J’ai 6000 euros de frais fixes dans ma boîte de nuit, mais malheureusement, je ne reçois pas autant d’aide. J’ai donc été contraint de trouver un emploi dans une grande surface et d’installer un écran LED avec des sponsors.”

Pour le gérant de la discothèque située près de Huy, il est temps d’agir. “Je comprends la situation car ils prônent les rassemblements à l'extérieur, mais je pense qu’on pourrait rouvrir avec un peu moins de monde. C’est pour cela qu’on se hâte de réaliser un protocole d’ouverture.”

Clubs échangistes

Contrairement aux boîtes de nuit, certains clubs échangistes ont eu l’occasion de rouvrir leurs portes, durant l’été. Mais ce n’est pas le cas du “Xen club bar libertin” à Péruwelz. “Ceux qui avaient une restauration ont pu rouvrir, mais pas moi”, explique Jean-Marc.

Le gérant de ce club échangiste comprend qu'il passe après les autres secteurs. “Même si je suis dans l’attente. Mais attention, je suis un cas à part car j’ai la chance de n’avoir aucun frais puisque mon domicile et mon commerce m’appartiennent.”

Forains

Même si la situation est difficile pour le secteur, les forains ont la “chance” de ne pas devoir payer de loyer. “On a également suspendu toutes nos assurances, explique Franck Delforge, vice-président de l’ASBL “La Défense des Forains Belges”.

Mais comme les autres secteurs, il faut une date butoir pour les forains. “On a notamment été reçu par M. Borsus et M. Di Rupo (avec notamment les gérants de boîtes de nuit) qui nous ont indiqué une date du 1er avril, tout dépendra de l’évolution de la crise. On est disposé à remettre des protocoles pour pouvoir reprendre progressivement.”

Dans tous les cas, il est important pour le secteur de reprendre le plus rapidement possible. “On comprend qu’il n’y ait pas de changement le 1er mars, mais on espère un retour dans des conditions plus ou moins normales à la Pentecôte fin mai. Si ce n’est pas e pas le cas en juillet, c’est une nouvelle saison de perdue et c’est une catastrophe.”

Festivals

Déjà annulés l’année dernière, les festivals risquent une nouvelle fois de ne pas pouvoir se tenir cette année.

Et si la culture et particulièrement les festivals ne sont pas dans les discussions, ce n’est pas pour autant qu’ils sont oubliés. “Nous sommes juste tributaires de la situation, souligne Michel Durieux, coorganisateur du festival Couleur Café. “Effectivement, les événements de masse seront les derniers dans les discussions.”

Cependant, comme pour tous les autres secteurs, il faut des perspectives. “On doit savoir ce que nous pouvons espérer. Avoir une distanciation sociale, être assis, porter le masque, …toutes ces contraintes ne sont pas les conceptions des festivals.”

Lieux de cultes

Pour les pratiquants, il est aussi difficile de comprendre la règle de 15 personnes maximum dans les lieux de cultes. C’est pourquoi une pétition avait même été lancée. “On a récolté près de 12.000 signataires pour la manifestation de dimanche dernier, lance Charles, pratiquant et coorganisateur de la pétition. On ne fait jamais référence à nous, pratiquants, mais on souhaite que l’on pense à nous.”

Le but : pouvoir accueillir plus de fidèles dans les lieux cultes. “On veut augmenter cette jauge de 15 personnes, explique le pratiquant d’une trentaine d’années. Il faudrait créer une jauge par rapport à la taille de l’édifice. Ou bien encore séparer d’1m50 chaque personne. On n’a pas l’impression de demander des choses “dingues””.