On le sait, au plus fort de la crise sanitaire, toutes les visites ont été suspendues dans l’ensemble des prisons du pays. Le déconfinement a rendu les rencontres possibles mais dans des conditions très strictes. Installation de plexiglas, pas question de se toucher, etc. Et pour ce qui est des VHS comme on les appelle derrière les barreaux, ces visites hors surveillance, réservées à des moments intimes, elles n’ont tout simplement jamais repris. C’est ce que nous dénonce David (prénom d’emprunt), un détenu incarcéré à la prison d’Ittre. “Nous sommes les oubliés du déconfinement !”, s’exclame-t-il.

“La prostitution a repris, les clubs échangistes aussi, etc mais nous, on ne peut toujours pas avoir un moment avec nos épouses !”, poursuit celui qui ajoute ne plus avoir eu de relations sexuelles depuis le 6 mars dernier, soit presque six mois.

“Cela pose un réel problème parce qu’on s’étonne après que les divorces augmentent !” continue le détenu qui parle de réelles tensions dans son couple.

“Il y a les détenus à qui on octroie des permissions de sortie. Ils peuvent voir qui ils veulent dehors et il y a nous, à qui on interdit une heure d’intimité avec notre femme. Où est la logique ? Si le virus devait se propager en prison, le risque viendrait davantage de ceux qui entrent et sortent, pas d’une visite intime avec mon épouse !”

David précise qu’il comprenait totalement les règles imposées en prison lors du confinement mais qu’aujourd’hui, il est largement temps de les assouplir. “Il ne faut pas s’étonner de voir la tension grimper derrière les barreaux. Nous aussi on a droit à un déconfinement. Quand je reçois une visite, le fait de ne même pas pouvoir prendre mes proches dans les bras depuis des mois, c’est vraiment devenu insupportable ! Nous sommes des êtres humains et la réinsertion passe aussi par le fait de nous traiter de la sorte. Il ne faut pas s’étonner qu’on pète un câble quand on voit que Madame Sophie Wilmès n’a jamais eu un mot à notre égard, jamais depuis le début de la crise”

Contactée par nos soins, la direction des établissements pénitentiaires précise que dans le contexte lié au Covid19, des visites par vidéoconférence ont été organisées, des crédits d'appels téléphoniques ont été octroyés et que les visites hors surveillance n'ont effectivement pas repris leur court actuellement. "Toutes les mesures préventives font l'objet d'évaluations régulières suivant les directives du conseil national de sécurité", précise la porte-parole