Dossier chaud du gouvernement fédéral, la sortie du nucléaire. Le MR ne veut pas d'une sortie totale, comme ne cesse de marteler son président Georges-Louis Bouchez. Lundi soir le kern s'est réuni sans pouvoir parvenir à un accord. Sophie Wilmès a expliqué la position de son parti sur la question. "Nous voulons surtout garantir l'approvisionnement. Nous voulons aussi faire attention aux prix, afin de protéger les ménages et nous voulons veiller à l'indépendance énergétique", déclare-t-elle.

La fermeture totale du nucléaire est déjà actée, rappelle la ministre : "Si on ne fait rien, ça sera le cas", indique-t-elle. Le MR veut prolonger la vie de certains réacteurs, alors que même Engie a fait savoir que ce n'était pas envisageable. "Nous pensons que c'est encore possible". Wilmès veut que le gouvernement fédéral travaille à cette faisabilité, afin de garantir un filet de sécurité concernant la sécurité d'approvisionnement énergétique en Belgique. Sinon il ne "sera pas garanti d'ici 2025", estime-t-elle. "Et l'accord de gouvernement dit que lorsqu'il n'y a pas garantie, on travaille sur le plan B. Je demande donc qu'on travaille sur le plan B".

Face à Omicron, "la prudence reste de mise"

La libérale a ensuite été interrogée sur le Comité de concertation à venir. Quelles décisions seront prises ce 22 décembre ? "Je ne sais pas si vous avez remarqué mais je ne m'exprime jamais en amont des Codeco sur les mesures qu'il faut prendre. Si on prend des mesures il faut le faire sur une base la plus objectivée possible : c'est-à-dire sur la base du rapport des experts du Gems, qui donne un état des lieux de la situation", reste-t-elle sur la réserve. "J'attends d'abord le résultat des analyses et les recommandations. Mais c'est le politique qui prend les décisions".

Ce Codeco intervient en pleine flambée du variant Omicron en Belgique, qui devrait devenir majoritaire dans le pays d'ici la fin de l'année. "Ce variant est extrêmement contagieux, sans savoir s'il est plus ou moins dangereux, le simple fait qu'il soit à ce point contagieux peut causer un problème sur les soins de santé. Dès lors, la prudence reste de mise", avance tout de même Sophie Wilmès.

La ministre regrette qu'aucune mesure coordonnée n'ait jamais été prise au niveau européen, bien que les pays travaillent en concertation. "On travaille principalement sur le fameux certificat de vaccination, pour faire en sorte que sur la vaccination on ait des dates de validité qui soient les mêmes car on est pas tous au même niveau d'avancement dans la vaccination. En Belgique, je dois dire que ça avance assez bien. Mais quand certains pays raccourcissent les délais, ça a des conséquences négatives sur la liberté de circulation en Europe".

Alors que la France a amorcé la transformation du pass sanitaire en pass uniquement vaccinal, pour tendre vers une obligation vaccinale déguisée, la Belgique est-elle prête à faire de même ? "Nous avons fait la demande d'un rapport éthique, juridique et scientifique sur l'obligation vaccinale. Si il y a liberté vaccinale, il faut pouvoir l’exercer", argumente la ministre. "Je ne plaide pas pour l'un ou l'autre. Je plaide contre un message hypocrite qui tenterait de rendre l'obligation vaccinale de facto sans en assumer les conséquences".