"Je ne suis suis pas mort !", plaisante le Docteur Philippe Devos au téléphone, une heure après avoir reçu sa première injection du vaccin anti-Covid au CHC de Liège où la campagne de vaccination a démarré ce jeudi matin. 

"Je n'ai pas mal au bras non plus à ce stade, comme cela peut parfois être le cas avec tous les vaccins. D'ici une dizaine de jours, mon corps donnera donc une réponse immunitaire et une fois la deuxième dose injectée, je serai totalement protégé. En tant que chef adjoint des soins intensifs, je me devais évidemment d'être vacciné puisqu'il est clair que je risquais d'être à nouveau confronté à ce virus. Je l'ai contracté une fois, cela suffit ! Je ne veux pas revivre ce que j'ai vécu à l'époque. Je suis heureux que ce vaccin soit à notre disposition dès maintenant. Nous allons pouvoir travailler avec une protection accrue. C’est aussi une excellente nouvelle que plus de 90% du personnel veuille être vacciné, chez nous comme dans les autres hôpitaux de la région. La vaccination, c’est la promesse d’un retour à une vie plus proche de la normale", ajoute celui qui est également président de l'Absym. 

900 doses seront ainsi distribuées sur les quatre sites des cliniques CHC MontLégia, Waremme, Hermalle et Heusy. 

Si le docteur Devos se félicite d'être ainsi vacciné contre le Covid, il appelle toutefois les autorités à ne pas traîner pour en faire de même avec les plus de 55 ans qui ne se trouvent pas dans des maisons de repos. "Lors de la deuxième vague, nous avons été saturés avec des gens principalement âgés de 55 à 75 ans qui venaient directement de leur domicile. J'estime que les gens de cette tranche d'âge qui vivent à la maison doivent avoir autant de droits que ceux qui résident en maisons de repos. Il ne faut donc pas que le gouvernement traîne pour que cette catégorie suive dans les vaccinations", insiste le docteur Devos à qui nous avons également demandé de réagir sur la décision tombée ce jeudi au tribunal de police de Bruxelles sur le port du masque obligatoire. Il a été jugé contraire à la constitution. 

"C'est une bonne nouvelle parce que la Belgique reste ainsi un état de droit. L'application de la loi reste séparée du politique. On ne vit pas dans une dictature comme certains se l'imaginent. Le port du masque reste néanmoins une arme efficace dont l'utilité est désormais un fait établi. Il n'y a plus de débats là-dessus. J'ose donc espérer que cette décision judiciaire ne freinera pas les citoyens à le porter. Il en va du retour à la vie normale pour tous", termine le médecin urgentiste.