La FGTB suspend les négociations et promet un "jeudi rouge" le 21 février

BRUXELLES La concertation sociale n'a pas été balayée par le Setca mais plutôt "suspendue", a indiqué mardi Erwin De Deyn, président du syndicat socialiste d'employés Setca. D'après M. De Deyn, un temps plus important est nécessaire pour se préparer aux mesures évoquées en terme de flexibilité. "Il s'agit de mesures très drastiques. Un débat est toujours nécessaire."

Le président du Setca rappelle par ailleurs que les précédents avis des partenaires sociaux n'ont pas encore été mis en oeuvre par le gouvernement. "Cette situation nourrit beaucoup de frustration", a-t-il estimé.
Dire que la concertation est balayée est exagéré, selon lui. "Nous avons besoin de plus de temps."

"La FGTB estime ne pas être en mesure aujourd'hui de poursuivre la concertation sociale", avait indiqué mardi matin le syndicat socialiste dans un communiqué.

Jeudi rouge ? La CSC en sera !

La CSC attend pour le 18 février la réaction du gouvernement au texte remis par les syndicats et les employeurs du Groupe des 10 sur la modernisation du temps de travail. C'est ce qu'a déclaré mardi son attaché de presse Benoît Constant, à l'annonce par la FGTB de la suspension de sa participation à la concertation sociale. Le syndicat chrétien a indiqué participer aux actions qui seront menées le 21 février.

Les syndicats et les employeurs du Groupe des 10 ont déposé, vendredi, un texte commun au conseil des ministres restreint qui doit lancer une modernisation du temps de travail. Cette modernisation doit rendre possible plus d'heures supplémentaires et des horaires flottants.

Le gouvernement prendra quelques jours pour y réfléchir. Un accord doit intervenir d'ici le 18 février. La CSC a dit mardi être en "attente de la réaction du gouvernement" et présente le 18 février comme date-butoir. Le syndicat chrétien a par ailleurs souligné que la mobilisation du 21 février de la FGTB est prévue depuis quelques semaines. La CSC a indiqué qu'elle y participerait

La FGTB claque la porte

Réunie en bureau fédéral mardi matin, la FGTB a décidé de quitter la table des négociations qui se déroulent actuellement au sein du Groupe des 10, a-t-on appris via un tweet posté par Rudy Pirquet, secrétaire général du SETCa Charleroi. Une "mobilisation massive" est par ailleurs annoncée le jeudi 21 février. Le syndicat socialiste dénonce notamment les mesures liées à la flexibilité du temps de travail, une flexibilité qu'elle souhaiterait "mieux encadrée".

La FGTB pointe également le "blocage des salaires" imposé par le gouvernement et estime que les balises qu'elle avait fixées ont été "largement dépassées".
C'est dans ce contexte que le syndicat a décidé d'une "mobilisation massive" le jeudi 21 février. Un préavis de grève couvrant l'ensemble des secteurs sera déposé et une manifestation - dont les modalités restent à définir - sera organisée dans les rues de Bruxelles.

"La coupe est pleine", selon la FGTB

"Le président et la secrétaire générale ont rendu compte à leurs instances, centrales professionnelles et régionales, de l'état des discussions concernant les avis demandés par le gouvernement aux interlocuteurs sociaux. La FGTB estime ne pas être en mesure aujourd'hui de poursuivre la concertation sociale", a confirmé le syndicat socialiste dans un communiqué.

Celui-ci estime notamment "inacceptable que le gouvernement se soit fait le relais des demandes patronales", en pointant le gel des salaires décrété unilatéralement par le gouvernement ainsi que la révision, de fait, du panier de l'index.

La FGTB regrette également que les autorités ne prennent pas leurs responsabilités alors que le syndicat les a interpellées "sur l'urgence d'appliquer les premiers avis, déjà rendus et avalisés, singulièrement ceux qui portent sur la liaison des allocations sociales au bien-être et l'augmentation du salaire minimum interprofessionnel."

"Les employeurs réclament un allongement du temps de travail via l'augmentation des heures supplémentaires", poursuit le syndicat socialiste. "Il n'est pas acceptable que l'on augmente encore la possibilité pour certains travailleurs de prester ces heures supplémentaires alors que d'autres sont licenciés et dans l'attente d'un emploi, le tout sans garanties d'un enregistrement électronique du temps de travail pour permettre un contrôle syndical accru", ajoute-t-il.

La FEB ne veut pas renégocier les accords

La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) ne veut pas renégocier les précédents accords finalisés entre les partenaires sociaux. Elle réagissait ainsi au fait que la FGTB "fait une nouvelle fois échouer la concertation sociale". La FGTB a suspendu mardi sa participation à la concertation sociale au sein du Groupe des 10. Le syndicat socialiste dénonce notamment les mesures liées à la flexibilité du temps de travail, le "blocage des salaires" imposé par le gouvernement et estime que les balises qu'elle avait fixées ont été "largement dépassées".

La FGTB a montré ces derniers mois qu'elle était dans l'"incapacité ou (l') impossibilité de conclure un AIP". "Elle rejette à présent la méthode qu'elle a toujours soutenue, à savoir fournir des réponses conjointes des partenaires sociaux aux demandes formulées par le gouvernement", dénonce la FEB.

Pour l'organisation patronale, "il n'est en aucun cas question de renégocier les accords en matière de flexibilité ni toutes les réponses précédemment fournies par les partenaires sociaux au gouvernement. Le tout est dans le tout ! " "Participer aux négociations et encore mener des actions par la suite n'est en effet pas une attitude qu'il faut récompenser", poursuit la FEB.

La FEB demande que le gouvernement mette en oeuvre sa décision de blocage salarial.

© La Dernière Heure 2013