Belgique

Les trois syndicats se prononcent définitivement ce mardi sur le projet d'accord interprofessionnel (AIP) 2019-2020. 

Les yeux seront notamment tournés vers la FGTB dont la décision finale est particulièrement incertaine. Ce qui est certain, c'est qu'un rejet par le syndicat socialiste apporterait son lot d'incertitudes.

Les partenaires sociaux, réunis au sein du Groupe des 10, l'instance faîtière de la concertation sociale en Belgique, ont finalement accouché le 26 février, après un premier faux départ et une grève nationale le 13 février, d'un projet d'AIP.

Le texte prévoit notamment une hausse des salaires de maximum 1,1% en sus de l'indexation; une hausse d'1,1%, ou 10 centimes de l'heure, du salaire minium, une intervention patronale majorée pour les transports en commun ainsi que des assouplissements en matière de RCC (ex-prépension) et d'emplois de fin carrière; ou encore une extension de 100 à 120 du nombre d'heures supplémentaires volontaires par an.

Les partenaires sociaux se sont aussi mis d'accord sur une proposition d'affectation de l'enveloppe bien-être pour 2019 et 2020. Le gouvernement fédéral s'est engagé à libérer l'intégralité de cette enveloppe, destinée à augmentation les allocations sociales, soit 353 millions d'euros pour 2019 et 716 millions pour 2020.

Les syndicats et les employeurs ont mis à profit ces dernières semaines pour consulter leur base. Si le banc patronal a déjà donné son feu vert, la réponse des syndicats est attendue ce mardi.

La CSC et la CGSLB semblent se diriger vers une approbation du projet d'AIP, quoique du bout des lèvres; mais l'incertitude règne quant à la position de la FGTB. Plusieurs régionales et centrales du syndicat socialiste ont déjà fait savoir qu'elles rejetaient le texte alors que le Setca, l'important syndicat d'employés et cadres, l'a approuvé, certes à une majorité assez faible de 61%.

Si refus il y a de la part du syndicat socialiste, l'AIP 2019-2020 sera mort-né. Et pour la suite des évènements, ce serait la bouteille à l'encre. Le gouvernement, minoritaire et en affaires courantes, pourrait-il reprendre les choses en mains, en adoptant, le cas échéant, un arrêté royal? Ou est-ce qu'il reviendrait à la Chambre de se prononcer? Ou des accords pourraient-ils tout de même être conclus au sein du Conseil national du travail? Les avis sont partagés, y compris dans les rangs des spécialistes.