Le candidat MR Alain Destexhe dans la peau de James Bond pour sa campagne électorale. Mais en a-t-il le droit ?

BRUXELLES Destexhe. Alain Destexhe. Depuis son atterrissage en politique, le mandataire MR n'a jamais manqué une occasion de faire parler de lui, parfois jusqu'à irriter ses supérieurs au sein du Mouvement réformateur. Dans le cadre de la campagne des législatives du 10 juin prochain, l'électron libre et libéral a décidé de prendre un nouveau contre-pied en se mettant dans la peau du plus célèbre des agents secrets, James Bond.

Dans la capitale, elles sont partout ses affiches 007. Sur sa Smart, l'homme qui a dévoilé le scandale du Berlaymont, critiqué le redressement économique de la Wallonie, fit sécession au sein du MR d'Auderghem, pousse même le bouchon un peu plus loin en posant comme le sujet de Sa Gracieuse Majesté. Costard noir et doigt pointé vers le ciel, Destexhe donne l'impression de vouloir tout flinguer en politique.

"Les gens ne savent pas toujours que vous êtes candidat. Et certains ne savent pas non plus que lorsqu'on est candidat au Sénat, comme c'est le cas pour moi, on l'est partout en Wallonie et à Bruxelles, pas uniquement dans une circonscription comme pour la Chambre, répond Alain Destexhe. Quand j'ai su que j'étais 7e de la liste et que je n'avais pas autant de visibilité que la tête de liste, je me suis demandé comment faire connaître ma place."

Le candidat passe alors plusieurs heures sur Internet à la recherche de symboles tournant autour du chiffre 7. Les 7 péchés capitaux ? Les 7 merveilles du monde ? Le Vincent Decroly du MR préfère se tourner vers le sigle de l'espion qu'il duplique, à peu de chose près, sur ses affiches et son charroi électoral.

"C'est un clin d'oeil, dit l'intéressé. La politique c'est sérieux, mais un peu d'humour ne fait jamais de mal." Du coup, lorsque Alain Destexhe est bloqué dans les embouteillages au volant de sa Smart - que Q n'a pas encore kittée -, les petits signes ne tardent pas. "Les gens sourient. D'autres font le geste du fusil avec leur main", raconte Alain Destexhe, qui avoue avoir vu tous les James Bond au moins 5 ou 6 fois.

Craignant d'être qualifié de double zéro tout court, Alain Destexhe devra peut-être aussi redouter que les ayants droit ne se posent des questions sur l'utilisation du logo, bien que celui-ci ait été légèrement modifié puisque, à la place du fusil, c'est Sénat qui est inscrit.

Selon le bureau Gevers, spécialisé dans la protection des marques, "au vu du graphisme utilisé et même sans le fusil, il y a une intention claire de référence au film et au personnage". Les ayants droit pourraient donc agir contre le candidat. Reste que, à sa décharge, l'utilisation qui est faite du logo n'est pas commerciale et est limitée dans le temps.



© La Dernière Heure 2007