Journée marathon hier pour rechercher le compromis final

BRUXELLES `Ils viennent de commander à dîner.´ Ce genre de petite phrase ne trompe généralement pas. Et effectivement, sa seule prononciation, mercredi en fin d'après-midi, a permis de comprendre que les travaux des principaux membres du gouvernement fédéral allaient se prolonger jusque tard dans la soirée.

Dès le matin, Guy Verhofstadt (VLD) et ses superministres se sont retrouvés pour tenter de dégager (enfin) un compromis sur la réforme de la politique d'asile.

Hier soir, l'espoir demeurait réel de les achever pour permettre au Conseil des ministres d'avaliser vendredi les grands axes décidés.

En début de journée, le problème restait demeuré entier. Car le premier kern (Guy Verhofstadt et les principaux membres du gouvernement) qui s'était déroulé mardi avait surtout servi de défouloir.

Mercredi, comme prévu, le gouvernement a globalisé les problèmes. Concernant l'opération de régularisation des sans-papiers, qui se traîne désespérément en longueur, `les choses ont bien avancé´, indiquait-on dès la fin de l'après-midi.

Des changements à la tête de la commission de régularisation ont été abordés, de même qu'un renforcement du personnel et qu'une demande de débloquer rapidement de 20 à 22.000 dossiers (sur 33.000) suffisamment complets pour permettre une décision d'acceptation ou de rejet.

L'espoir reste de respecter l'engagement d'une clôture de l'opération d'ici au 30 juin de l'année prochaine. Les 10.000 dossiers restants devraient alors être résorbés à raison de 1.500 par mois.

La thématique des centres fermés était, disait-on, également en bonne voie. Ici, il est question d'améliorer les conditions de vie des demandeurs en attente (visites, sanctions). Les mineurs non accompagnés n'y séjourneraient plus, mais seraient dirigés vers des centres d'accueil gérés par les Communautés.

Les deux `idées personnelles´ mises sur la table par le Premier ministre ont continué à poser problème. L'orientation globale restait de refuser de bétonner dans une loi une liste de `pays sûrs´ dont les ressortissants ne pourraient jamais demander l'asile en Belgique. Mais en cas d'afflux massif anormal de citoyens d'une même nationalité, on pourrait se pencher en priorité sur leurs cas.

Quant à la création de trois bureaux décentralisés (un par région) au sein desquels les candidats à l'asile politique devraient effectuer leurs démarches, elle restait probable. Mais il demeurait exclu de les installer aux frontières du pays.

Dans ces bureaux, les demandeurs d'asile recevraient une aide matérielle et logistique. Cela permettrait qu'en une dizaine de jours on décide si la demande remplit ou non les conditions minimales permettant une analyse plus fouillée.

On se rappellera qu'en 1999, 90% d'entre elles ne remplissaient pas ces conditions de base, faisant perdre un précieux temps aux fonctionnaires chargés de les examiner. Au détriment des cas de demandeurs d'asile vivant une réelle situation de danger