Afin de mieux absorber l'explosion démographique annoncée dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans les années à venir, les écoles catholiques ont plaidé vendredi pour un régime de financement public "plus équilibré" entre réseaux d'enseignement pour la construction de nouvelles écoles. A l'heure actuelle, la Communauté française consacre 347 euros par élève et par an pour les bâtiments de son propre réseau contre 128 euros pour les bâtiments des écoles communales et provinciales, et seulement 85 euros pour les bâtiments des écoles libres, selon des chiffres avancés par le secrétariat général de l'enseignement catholique (SeGEC).

"De tels déséquilibres sont source d'iniquité, mais aussi d'inéfficacité puisque, dans les faits, le niveau de subventionnement insuffisant ne permet pas à l'enseignement libre de répondre à la demande pressante des parents à son égard", a commenté Etienne Michel, son directeur général, en clôture de l'université d'été du SeGEC organisé vendredi à Louvain-la-Neuve.

Déjà aujourd'hui, 38 des 55 écoles secondaires catholiques à Bruxelles sont saturées et doivent refuser "des centaines" de demandes d'inscription, selon lui.

M. Michel dit pleinement mesurer la sensibilité de ce débat dans le contexte belgo-belge, marqué par des décennies de tensions entre enseignement officiel et catholique.

Mais la hausse attendue de la démographie scolaire - plus 30% environ à Bruxelles d'ici 2013, et +15% dans le reste de la Wallonie - s'imposera à tous, plaide le directeur du SeGEC qui rappelle, qu'en Flandre, l'enseignement libre bénéficie déjà du même niveau de financement public pour ses bâtiments que les écoles communales et provinciales.

Un soutien accru pour les écoles catholiques du sud du pays devrait dès lors également être envisagé, selon l'enseignement catholique, qui capte aujourd'hui la moitié environ de la population scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Quelles sont les autres alternatives?", s'interroge M. Michel. "On peut évidemment imaginer que la Fédération construise tous les bâtiments (pour absorber le boom démographique, ndlr)... Aussi non, l'autre solution, c'est de se tourner vers le privé, à qui l'on louerait les bâtiments scolaires. Mais il pratiquerait les prix du marché. A Bruxelles, nous avons fait les calculs, cela représenterait un coût de 850 euros par élève et par an", assure le directeur du SeGEC.

"Mais entre ces 850 euros et les 85 euros accordés aujourd'hui à l'enseignement catholique, il y a peut-être moyen de trouver une solution intermédiaire...", a-t-il souligné.