Bien sûr, les esprits chagrins crieront au bal des faux culs. Nous y voyons autre chose : Goblet, député fédéral PS mais, surtout, syndicaliste jusqu’à l’os (il était d’ailleurs toujours syndicaliste à la Chambre !) et ancien secrétaire général de la FGTB, fut la source de frictions, mais fit l’unanimité sur au moins trois points : la constance de ses convictions, l’intensité de son engagement (envers les travailleurs) et la ténacité avec laquelle il défendait ses valeurs. On se souvient encore de son mot, certes maladroit, de 2016, où il avait qualifié la suédoise de Charles Michel de "gouvernement composé d’une bande de gamins de merde"… Certains des "gamins de merde" d’alors, ont, hier, rendu hommage au Hervien, ce qui dit tout du respect porté au combat de ce chauffagiste de formation.

Il était de cette gauche battante, celle du peuple, celle qui s’offusquait de la surflexibilité demandée aux employés quand les employeurs et les actionnaires s’engraissent. De cette gauche railleuse, celle des piquets de grève et du combat social, celle, égalitariste, qui se soucie des moins bien partis dans la vie. Une gauche en voie de disparition sur l’échiquier politique actuel (européen, d’ailleurs). Rien qu’en ce sens, la Belgique a perdu hier un grand monsieur du syndicalisme.