Belgique

Les obsèques de Julie Van Espen, l'étudiante de 23 ans tuée le long du canal Albert à Merksem samedi alors qu'elle avait rendez-vous avec des amies en ville, auront lieu le 18 mai prochain à Schilde, a fait savoir jeudi l'entreprise de pompes funèbres Quirijnen-Sereni. 

La cérémonie aura lieu à partir de 10h00 dans l'église Onze-Lieve-Vrouw-ten-Hemel-Opgenomen. Un grand nombre de personnes est attendu aux obsèques de la jeune fille. Les personnes en charge de la cérémonie n'ont pas indiqué si des écrans seraient installés à l'extérieur de l'église.

Le corps de Julie van Espen, qui avait disparu depuis samedi, a été retrouvé lundi dans le canal à Anvers. Au moment des faits, le suspect, qui a avoué avoir tué la jeune femme, était en liberté conditionnelle dans l'attente d'un jugement en appel. En première instance, il avait été reconnu coupable de viol.

Entre 1.500 et 3.000 personnes ont participé mercredi soir à une veillée le long du canal Albert à Anvers. Une marche silencieuse est également prévue dimanche prochain. Cette action visera à protester contre les violences sexuelles et à demander un traitement plus strict de ce type de crimes.


Les parents et l'ami de Julie Van Espen vont se constituer partie civile, a indiqué leur avocat, Me John Maes, mercredi matin dans l'émission De Ochtend (Radio 1).

Le corps de la jeune femme a par ailleurs été rendu à ses proches, rapportait de son côté VTM Nieuws. Le corps de Julie Van Espen, une étudiante de 23 ans disparue depuis samedi soir à Anvers alors qu'elle avait rendez-vous avec des amies en ville, a été retrouvé lundi dans le canal Albert. Le même jour, Steve B., un homme de 39 ans était arrêté. Ce dernier est passé aux aveux.

En se constituant partie civile, les parents et l'ami de la victime auront accès au dossier. "Ce n'est pas très agréable à lire mais d'un autre côté, on veut savoir ce qu'il s'est passé", explique l'avocat.

Le corps de la jeune femme a entretemps été rendu à ses proches en vue de leur permettre d'organiser les funérailles.

L'affaire a suscité un débat de société. Steve B., l'auteur présumé des faits, a en effet déjà été condamné à deux reprises pour viol mais avait été remis en liberté dans l'attente de son procès en appel. La famille de la victime n'a pas tenu à faire de commentaires, selon Me Maes. "Cela ne ramènera pas la jeune femme. Je pense que c'est à d'autres d'y réfléchir et d'en tirer les conclusions appropriées".

Steve B. n'avait pas été incarcéré après sa dernière condamnation en première instance. L'arrestation immédiate ne peut en effet n'être prononcée que s'il existe un risque réel que le condamné ne se soustraie à sa peine. Or, ce risque n'existait pas, selon le tribunal. Plusieurs voix se sont élevées depuis lors pour réclamer une modification de la loi afin de rendre possible l'arrestation immédiate lorsque le risque de récidive est présent.

Des experts exigent des peines plus sévères pour les violences envers les femmes

Une réforme de la justice pénale, en particulier en matière de violence sexuelle, est exigée mercredi par divers experts dans une lettre ouverte publiée mercredi dans De Morgen.

Le meurtre de Julie Van Espen illustre douloureusement que la Belgique ne lutte pas assez contre les violences faites aux femmes, suggère le plaidoyer. Chaque année, 75.000 femmes sont victimes de violences sexuelles en Belgique. Annuellement, 8.000 signalements d'agressions ou viols sont traités par les parquets. Mais ces dossiers ne débouchent que sur 900 condamnations à peine.

"Le taux d'affaires classées pour les violences sexuelles est extrêmement haut", dénonce Bieke Purnelle, directrice de Rosa, centre de connaissance dédié au genre et au féminisme. La Belgique condamne plus sévèrement des faux en écriture que des viols, dénonce l'organisme dans une lettre ouverte, signée aussi par les associations flamandes Furia, organisation pluraliste de femmes et Ella, centre de connaissance sur le genre et l'ethnicité.

Child Focus, par la voix de la CEO Heidi De Pauw, apporte aussi son soutien à la mobilisation. "La police et les autorités judiciaires qui traitent de ces questions manquent scandaleusement de personnel et ne peuvent gérer le grand nombre de dossiers", déplore Mme De Pauw. Elle demande que la justice pénale face aux infractions sexuelles soit "radicalement réformée", plaidant entre autres pour des peines plus sévères ainsi que des mesures visant les récidivistes.

Les experts exigent que la problématique soit portée au sommet de l'agenda politique. "Utilisons l'indignation justifiée à propos de cette triste affaire (le meurtre de Julie Van Espen, NDLR) pour enfin prendre au sérieux le droit des filles, des femmes, des garçons et des hommes à la sécurité", enjoint en guise de conclusion Bieke Purnelle.