La ministre de l'Environnement, Zakia Khattabi, formulera des propositions en vue d'une fiscalité plus verte dans le cadre des travaux sur une réforme fiscale que dirigera le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, a-t-elle indiqué mardi devant la commission Climat de la Chambre à l'occasion de son exposé d'orientation politique. Un passage de cet exposé d'orientation politique suscite la controverse. Il y est question d'une forme de taxe carbone, même si l'expression n'est pas utilisée telle quelle.

"Une réforme fiscale résolument orientée vers la transition verte et la réalisation de nos objectifs climatiques est importante. D'importantes démarches préparatoires visant à instaurer un prix carbone ont déjà été accomplies au cours de la précédente législature. Je prendrai l'initiative au sein du gouvernement de faire des propositions concrètes pour introduire sans tarder une telle tarification dans les secteurs hors ETS (Emission Trade System, soit un système européen d'échange de quotas d'émission applicable aux grandes industries, ndlr) et l'accompagner des mesures nécessaires pour garantir son caractère socialement juste", dit la note.

Dans la majorité, le MR a d'emblée adressé une mise en garde à la ministre. "Le MR prône une fiscalité plus juste. Une taxe carbone qui pénalise les classes moyennes et populaires et handicape nos entreprises serait inacceptable. Besoin de mécanismes qui incitent les comportements vertueux. Et de mesures UE. C'est la volonté du gouvernement", a lancé sur Twitter le président, Georges-Louis Bouchez.


Dans l'opposition, la N-VA mais aussi le PTB ont également dit leurs craintes. "Une taxe qui touchera à nouveau plus les plus pauvres. On ne réussira jamais une transition écologique à coup d'écotaxes antisociales!" a accusé le chef de groupe communiste, Raoul Hedebouw, sur la foi d'un article de presse.

"La politique climatique sera sociale ou ne sera pas", a répliqué la ministre. "Nous n'avons pas comme objectif unique de taxer comme certains l'ont caricaturé".

Dans le cadre le projet de réforme fiscale du gouvernement, une place sera faite pour une fiscalité plus verte. Mais celle-ci peut prendre des formes diverses, a-t-elle expliqué: inciter à adopter un comportement plus respectueux de l'environnement ou, à l'inverse, dissuader de certains comportements peu respectueux.