Belgique

Le Premier ministre Charles Michel a affiché sa fermeté face aux soupçons d'espionnage de communications électroniques belges par les services secrets allemands.

"Si ces faits devaient être avérés, ils seraient inacceptables et conduiraient à de sérieux problèmes", a affirmé M. Michel en Commission de la Chambre, en réponse à des questions d'André Frédéric (PS) et Benoît Hellings (Ecolo). Le parquet fédéral a ouvert une information judiciaire à la suite d'un rapport fourni par la Sûreté de l'Etat sur ces faits. L'Institut Belge des Postes et Télécommunications (IBPT) a également commencé une enquête.

Le Premier ministre n'a pas indiqué précisément les initiatives que pourraient prendre le gouvernement belge si les soupçons se vérifiaient. "Les initiatives que je peux prendre se situent aussi bien sur le plan bilatéral que multilatéral", a-t-il dit en faisant allusion au Conseil européen comme "lieu d'évocation de ces questions".

"Il n'est pas acceptable que des partenaires entre lesquels la confiance doit régner procèdent de la sorte. La position de mon gouvernement sera extrêmement ferme s'il devait apparaître au cours de l'enquête que ces faits sont avérés", a-t-il ajouté.

Le BND, l'un des trois services secrets allemands, aurait eu recours à des écoutes sur des câbles internet en Europe, selon des documents confidentiels présentés lors d'une audition la semaine dernière devant le Parlement allemand et qui ont fuité dans la presse.

L'eurodéputé autrichien Peter Pilz et le parlementaire belge Stefaan Van Hecke (Groen) ont ensuite révélé que ces écoutes avaient aussi touché la Belgique. Celles-ci auraient été enregistrées à la demande de la National Security Agency (NSA) américaine.