"Une zone d'air humide et instable s'est enroulée autour de ce centre dépressionnaire et était alimentée par des remontées d'air chaud sur le centre et l'est de l'Europe (où se développaient d'ailleurs des foyers orageux)", explique l'IRM. Cette structure a ensuite atteint la moitié est de notre pays via l'Allemagne et les Pays-Bas, sous forme d'une "occlusion", c'est-à-dire une bande d'air doux/humide prise en étau entre de l'air plus frais/sec.

Outre son contenu en air humide et - à l'origine - assez chaud, cette perturbation a aussi été rendue active par une dynamique d'altitude (creux multiples) favorisant les ascendances. "De plus, étant parallèle au flux de nord-est, la bande pluvieuse a circulé sur notre territoire dans le sens de la longueur (déplacement dit "longitudinal"), affectant ainsi durablement les mêmes régions", poursuit l'IRM, sachant que relief de l'Ardenne et des Hautes-Fagnes a certainement constitué un facteur d'intensification supplémentaire.

La dépression et l'occlusion active circulant autour de celle-ci étaient pratiquement figées; un tel contexte est plus connu sous le nom de "blocking". "Dans ce cas-ci, il s'agit d'un blocking dépressionnaire avec des pluies soutenues sur les mêmes régions pendant de nombreuses heures (voire plus d'un jour) conduisant à des cumuls de précipitations extrêmes", conclut l'IRM. Lorsque le blocking est de type anticyclonique, il peut, à cette saison, au contraire conduire à des périodes de sécheresse ou à des vagues de chaleur.