"L'accord de gouvernement indique qu'il convient de chercher un futur pour cette assemblée. Comme l'Open VLD dispose de la présidence du Sénat, il est important de présenter un plan. Il faut supprimer le Sénat tel qu'il existe aujourd'hui. C'est notre vision depuis de nombreuses années", précise Egbert Lachaert.

Dès la fin du mois de février, Stephanie D'Hose souhaite mettre en place une commission sénatoriale distincte chargée de préparer ce plan.

Derrière ce plan, Stephanie D'Hose évoque les économies à en retirer. "Au total, le budget annuel du Sénat s'élève à 40 millions d'euros. Un tiers de cette somme correspond à son coût politique (indemnités versées aux parlementaires, etc.). Donc, plus de 13 millions d'euros par an. Voilà une économie qui serait immédiate", conclut-elle.

Au fil des réformes de l'Etat et de l'affirmation des parlements régionaux et communautaires, le Sénat a vu ses compétences rabotées et son rôle régulièrement remis en question. Aujourd'hui, la Haute assemblée est considérée comme une chambre de réflexion et ne garde plus de compétence sur un pied d'égalité avec la Chambre qu'en matière institutionnelle. Sa composition a également varié, selon l'idée qu'elle doit être le lieu de rencontre des entités fédérées, et ne compte que des parlementaires issus des Communautés et Régions ainsi que des sénateurs cooptés.

La sortie médiatique des libéraux flamands a suscité les réponses de certains de leurs partenaires de majorité. Le CD&V est revenu avec son idée d'une "chambre constitutionnelle".

"Les débats sont ouverts. Pour le CD&V, le Sénat peut être rapidement supprimé. Une 'chambre constitutionnelle' composée de membres du parlement fédéral et des parlements des entités fédérées serait alors compétente pour la Constitution, les lois spéciales, la nomination des magistrats à la Cour constitutionnelle, au Conseil d'Etat et au Conseil supérieur de la justice. Pas une nouvelle institution mais impliquer les parlements régionaux si la Constitution ou une loi spéciale doit être modifiée. Donc sans coût supplémentaire", a expliqué sur Twitter le chef de groupe à la Chambre et ex-secrétaire d'Etat aux Réformes institutionnelles, Servais Verherstraeten.

Le MR voit quant à lui l'occasion dans ce débat de faire du Sénat le parlement devant lequel le comité de concertation -organe composé des différents gouvernements du pays- pourrait rendre compte à l'heure où celui-ci joue un rôle de plus en plus important dans la gestion du pays.

"Nous proposons que le Sénat devienne l'assemblée parlementaire du comité de concertation pour avoir plus de transparence des décisions démocratiques", a souligné le président du MR, Georges-Louis Bouchez.