Le député Theo Francken (N-VA) a réclamé vendredi la réunion de la commission de la Défense avant les vacances parlementaires. Il veut entendre les explications de la ministre Ludivine Dedonder après l'éviction du général-major Boucké de la direction du Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS). Selon le député nationaliste, cette éviction du patron du renseignement militaire est injuste car l'homme n'est entré en fonction qu'en septembre -un mois avant la ministre- et ne peut être tenu pour seul responsable des manquements qui ont émaillé l'affaire Jürgen Conings.

"Dedonder essaie de sauver sa peau. Si elle ne pouvait rien y faire, alors lui non plus. Et si Boucké doit s'en aller, alors elle aussi", a affirmé M. Francken.

"Il s'agit de l'un des généraux les plus respectés de l'armée. Je ne peux pas croire que le Chod (le Chef de la Défense, l'amiral Michel Hofman) ait marqué son accord", a-t-il ajouté.

Mercredi, le général-major avait été entendu par la commission et, aux côtés de l'amiral Hofman, il avait assuré aux députés qu'il souhaitait rester à la tête de son service pour mener à bien la transformation souhaitée. Il avait mis en avant la réforme déjà entamée à la suite du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats en 2017.

Vendredi, dans un communiqué commun de la ministre et du Chod, la Défense a toutefois annoncé le remplacement de M. Boucké par le vice-amiral Wim Robberecht.

"Pour le bien de notre Service général du Renseignement et de la Sécurité, j'ai décidé, en concertation avec le Chef de la Défense, de nommer un nouveau chef du SGRS. Cette décision n'a pas été facile à prendre et n'a pas été prise à la légère, mais elle était nécessaire pour rétablir le calme autour du SGRS", a expliqué la ministre.

Dans la majorité, le député MR Denis Ducarme, qui avait réclamé à plusieurs reprises la tête du "patron" du service de renseignement militaire, a pour sa part salué vendredi "une décision qui honore" le général Boucké". Son remplacement doit permettre "de repartir pour une réforme du service (le SGRS) sur une base neuve et saine", a-t-il affirmé à l'agence Belga.

Dans l'opposition, Georges Dallemagne (cdH), a lui aussi demandé une réunion de la commission de la Défense. Il s'est dit "surpris" par le "limogeage" du général Boucké. "Il y a trois jours, le CHOD semble donner sa confiance au patron du SGRS et, puis aujourd'hui, celui-ci est limogé", a-t-il fait remarquer.

Tuoujours dans l'opposition, la députée Annick Ponthier a souligné dans un communiqué que si le chef du SGRS quittait ses fonctions, la ministre de la Défense (la socialiste Ludivine Dedonder) devait faire de même.

L'éviction du patron du SGRS a également suscité des réactions hors du monde politique. Le professeur de la VUB Jonathan Holslag, membre du comité stratégique qui se penche sur une nouvelle vision de l'avenir de la Défense à l'horizon 2040, a jugé la décision "lâche et facile".