"Je suis toujours prêt à prendre mes responsabilités." C’est en ces termes que s’est exprimé samedi soir, à Malines, le président de la N-VA à l’occasion de la réception de Nouvel An de son parti. En pleine crise politique, Bart De Wever a expliqué qu’il ne fermait aucune porte et que son parti était toujours dans la course pour la formation d’un prochain gouvernement fédéral. Fort de l’appui du CD&V, l’intéressé s’est dit par ailleurs persuadé que le PS pouvait encore changer d’avis à l’égard de son parti. Et le même d’évoquer dans la foulée le scénario d’un "grand accord" avec le Parti socialiste de Paul Magnette. C’est la fameuse coalition "bourguignonne" (N-VA, socialistes, libéraux) élargie au CD&V, l’alternative à la coalition "Vivaldi".

"Nous sommes demandeurs"

Selon Bart De Wever, les points d’accord entre les deux partis ne manquent pas : "Il y a le volet socio-économique. Nous sommes prêts à faire de nouvelles politiques sociales, si on peut augmenter le taux de participation sur le marché du travail pour, par exemple, augmenter les taux de pension. Nous sommes demandeurs de cela. Sur le volet institutionnel, où l’on sait que tout n’est pas possible, nous pouvons peut-être envisager des pas en avant. Quant au volet immigration et sécurité, je pense qu’un accord est bien possible", a-t-il déclaré samedi.

Des propos "mielleux" selon le MR Pierre-Yves Jeholet

Cette ouverture de la N-VA à l’égard du Parti socialiste a été reçue avec plus ou moins de scepticisme et de prudence par les différentes formations politiques du nord et du sud du pays. De son côté, le Parti socialiste y voit une stratégie récurrente des nationalistes flamands, précisément lorsque ces derniers sentent que la situation leur échappe. Cette ouverture de Bart De Wever à l’égard du PS n’a pas convaincu non plus le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR) qui a qualifié ces propos de "mielleux". "Bart De Wever dit qu’il est disponible, mais je pense qu’il ne l’a pas nécessairement démontré systématiquement par le passé", a-t-il commenté sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche sur RTL-TVI. "Si ce discours avait été tenu dès le commencement, on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui, a-t-il déclaré. Je pense que la N-VA, par toute une série de propos et d’exclusives, s’est peut-être mise elle-même en difficulté."

Le SP.A Vande Lanotte juge la démarche sérieuse

Interrogé par la RTBF sur le discours de Bart De Wever, l’informateur royal Georges-Louis Bouchez a reconnu qu’"à chaque fois qu’une formation politique a un caractère raisonnable, cela aide à la recherche d’une solution". "Mais, a-t-il ajouté, ce qui serait bien, ce serait d’avoir un caractère raisonnable tout le long de la période. Cela n’a pas toujours été le cas pour tout le monde. Donc, je crois que nous avons à présent assez d’éléments pour prendre une décision."

A contrario, l’ancien informateur royal Johan Vande Lanotte (SP.A) a jugé, sur le plateau de la VRT, que l’ouverture de Bart De Wever aux socialistes ne pouvait être ignorée. "Quand le plus grand parti du pays fait une offre à la plus grande famille politique du pays, on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé", a-t-il déclaré, réclamant aux deux informateurs actuels d’organiser rapidement une rencontre entre les deux partis politiques.