L'université gantoise s'est portée partie civile tout comme l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes qui avait reçu près de 1.500 plaintes dans la foulée de l'allocution Jeff Hoeyberghs avait donné le 4 décembre 2019 une conférence, sur invitation de l'association des étudiants catholiques flamands (KVHV), au cours de laquelle il avait tenu des propos sexistes. L'homme avait ainsi déclaré que "les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l'argent, mais elles ne veulent plus ouvrir les jambes" ou "qu'on ne peut pas traiter une femme sur un pied d'égalité sans devenir son esclave".

Des images de la conférence avaient circulé en ligne, donnant lieu à 1.500 plaintes auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes. "Il s'agit évidemment de bien plus que d'une simple opinion controversée. Si tu qualifies les femmes de paresseuses et stupides, c'est de la discrimination. Les propos misogynes et dénigrants de Jeff Hoeyberghs incitent à la haine contre les femmes et contribuent même à un climat de discrimination et de violences à leur encontre", avait déclaré la directrice adjointe de l'Institut, Liesbet Stevens.

Le centre interfédéral pour l'égalité des chances, Unia, avait lui-même reçu 152 interpellations pour discrimination sur base de "critères raciaux, caractéristiques physiques ou selon l'état de santé".

L'université de Gand s'était clairement distanciée des propos de l'intéressé et l'association KVHV avait été suspendue temporairement.

Une enquête avait été ouverte. Le parquet avait demandé à la chambre du conseil de renvoyer le chirurgien devant le tribunal correctionnel pour violation de la loi contre le sexisme dans l'espace public et celle contre la discrimination entre les femmes et les hommes.

La défense du chirurgien plaidait le non-lieu car il s'agissait, selon elle, d'opinions "subversives" mais pas condamnables.

La chambre du conseil a cependant estimé que M. Hoeyberghs devait répondre de ses propos devant le tribunal correctionnel de Gand. Le chirurgien est défendu par Me Hans Rieder.