Les clés de la formation d'un gouvernement fédéral sont dans les mains du CD&V et de l'Open Vld, a affirmé jeudi le vice-président de la N-VA, Lorin Parys, dans l'émission de Ochtend sur Radio 1.

"Ils peuvent opter pour l'arc-en-ciel que souhaite Paul Magnette ou, au contraire, pour une coalition de centre-droit qui a une majorité en Flandre", a-t-il dit. En tous les cas, il est faux de dire que la N-VA, 6 mois après les élections, a choisi l'opposition, a assuré M. Parys. "Avec le mandat que nous ont donné les électeurs, nous continuons à tenter de rendre possible une politique de centre-droit. Nous participons aux discussions pour qu'un accord soit possible mais dire que c'est compliqué, c'est un euphémisme", a-t-il ajouté.

Selon la N-VA, Paul Magnette n'a jamais caché sa volonté de former une coalition arc-en-ciel, ce qui implique que le CD&V et l'Open Vld doivent aujourd'hui choisir de monter - ou pas - dans un tel attelage.

"On sait ce qu'il se passera dans un gouvernement de ce type: les Flamands payeront pour les choix du PS. Nous voulons éviter que de nouvelles taxes soient supportées par le nord du pays et le seul moyen d'y arriver, c'est un gouvernement avec une majorité en Flandre", a souligné le vice-président de la N-VA.

La possibilité d'une coalition majoritaire au Nord dépend de la N-VA, lui a rétorqué, dans la même émission, Sammy Mahdi, le candidat à la présidence du CD&V. "Notre point de vue est clair: nous travaillons à un gouvernement qui, de préférence, aura une majorité flamande mais que cet exécutif soit mis sur pied, ça ne dépend pas de nous mais bien de la N-VA. J'espère qu'elle prendra ses responsabilités car nous avons besoin de la N-VA pour avoir une majorité côté flamand", a précisé M. Mahdi.

"Je ne peux qu'espérer que la N-VA se montre constructive, cesse de parler de 'grand canyon' entre elle et le PS et arrête les petits jeux de la campagne qui s'est clôturée le 26 mai. Dans ces conditions, je ferai front avec ceux qui veulent collaborer à la formation d'un gouvernement fédéral", a-t-il poursuivi.

Que la balle se trouve dans le camp des nationalistes flamands - et dans celui du PS - c'est aussi l'avis d'Eric Van Rompuy (CD&V). "La N-VA et le PS doivent prendre les choses en main, la situation budgétaire l'exige. Ce n'est pas au CD&V et ses 12 députés à la Chambre de jouer les arbitres, il ne nous appartient pas de sauver le pays. On ne va pas se suicider en nous aventurant dans un gouvernement de gauche", a-t-il ainsi déclaré dans Le Soir, des propos ensuite confirmés dans Matin Première sur la RTBF. "Il faut pouvoir défendre ce gouvernement arc-en-ciel dans lequel on monterait. Si on part sur une débâcle financière et qu'on n'a pas les solutions pour la résoudre, c'est une opération suicide, avec la N-VA et le Vlaams Belang dans l'opposition qui n'arrêteront pas de nous attaquer", y a-t-il répété en pointant l'absence de données budgétaires sur les promesses formulées, durant la campagne, par le PS et Ecolo.