"Le soutien motivationnel est maintenant plus bas qu'en novembre et beaucoup plus bas qu'en mars de l'année dernière", fait état le rapport des experts, alors que les indicateurs pandémiques repartent pourtant à la hausse. L'évolution est similaire pour ce qui est du suivi des mesures.

"Après un an de crise liée au COVID, la population n'accepte plus n'importe quelle restriction", notent-ils. "Avec les experts, les citoyens ont développé une attitude critique quant aux mesures qui sont efficaces et celles qui n'ont qu'une valeur ajoutée limitée sur le plan virologique mais un grand impact psychologique".

L'enquête menée par diverses universités belges met aussi en lumière que la motivation par rapport à l'adhésion aux mesures est faible à ce jour. "Nous nous détachons davantage, ou une accoutumance, voire de la fatigue, se sont insinuées", est-il écrit.

Cependant, les experts notent une amélioration depuis le niveau minimal de motivation atteint en février, après l'ouverture des salons de coiffures. Depuis le mois de mars, la population est à nouveau "plus convaincue de la nécessité des mesures, se sent plus capable de consacrer les efforts nécessaires et considère à nouveau les mesures comme plus efficaces", observent-ils.

Les chercheurs attribuent cette motivation croissante pour partie aux taux de contamination qui sont "sources d'un plus grand engagement car ils alimentent la prise de conscience des risques".

Le groupe d'experts passe en revue le style de communication lors des conférences de presse qui suivent les comités de concertation. Lors de celle du 19 mars, "les répondants au baromètre de la motivation ont vécu la communication du gouvernement comme une phase d'attente plutôt qu'une réelle nouvelle orientation". La perception de la population est que les autorités ont agi trop "timidement", analysent les experts.

Ils recommandent aux autorités d'augmenter la sensibilisation aux risques sanitaires, à pointer les avantages au long terme, aussi d'un point de vue psychologique, ou encore d'offrir des perspectives "axées sur les objectifs plutôt que sur les dates".