La Belgique reprend jeudi sa place dans les opérations aériennes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), toujours actif en Irak et en Syrie en dépit de la perte de son califat territorial instauré en 2014 à cheval sur les frontières de ces deux pays. Quatre avions de combat F-16 s'envoleront mardi matin de la base de Florennes pour rejoindre "la Jordanie" - en fait la base aérienne d'al Azraq (centre-est) - et les quelque 120 militaires belges qui y ont déjà été déployés au cours des dernières semaines après des mesures de quarantaine liées au coronavirus. Le matériel a pour sa part été acheminé par deux avions-cargo géants Antonov An-124 ukrainiens affrétés par la Défense.

L'objectif est que le détachement belge, dont l'essentiel provient du 2e wing tactique basé à Florennes, soit opérationnel dès le 1er octobre pour une durée d'un an, ont indiqué plusieurs sources militaires à l'agence Belga.

Il s'agira de la troisième participation de la composante Air belge au volet aérien de l'opération "Inherent Resolve" de la coalition anti-EI, après de précédents déploiements en en 2014-2015 et en 2016-2017, souvent en alternance avec les Pays-Bas.

Dès le mois d'octobre, ceux-ci devraient fournir un contingent d'environ 35 militaires pour assurer la protection au sol des avions belges et du personnel - ce que les militaires appellent la "Force Protection" -, a annoncé lundi le ministère néerlandais de la Défense. Il répond ainsi à une demande de coopération formulée par la Belgique.

Le gouvernement belge avait approuvé cette nouvelle opération, baptisée comme les précédents "Desert Falcon", le 26 juin dernier. L'engagement de la Belgique s'inscrit dans le cadre de la résolution 2249 du Conseil de Sécurité des Nations unies de 2015 qui fait référence à "la menace globale que représente Daesh (l'acronyme arabe de l'EI) pour la paix et la sécurité internationales".

Malgré l'écroulement physique du "califat", Daesh a conservé sa capacité de nuisance, estime l'état-major de la Défense. Le groupe djihadiste continue à mener des opérations terroristes et répand toujours sa propagande dans les prisons où se trouvent des milliers de ses combattants. Si la pression se relâche, l'organisation risque de "reprendre du poil de la bête", selon les mots d'un des officiers.

Les avions pourront intervenir en soutien des forces de la coalition au sol ou s'attaquer directement à des objectifs terrestres liés à Daesh.

Ils disposeront d'un nouvel armement, des bombes de plus petite taille, ne provoquant qu'un effet de souffle - et donc des dommages - réduit(s): des GBU-39/B, également appelées SDB ("Small Diameter Bomb").

Ces munitions de précision, capables de réaliser des frappes chirurgicales, sont guidées par GPS couplé à un système inertiel. D'un poids de 110 kg, dont 17 kg d'explosif, elles peuvent perforer 2,4 mètres de béton. Elles sont aussi capables de planer pendant 110 km avant d'atteindre leur objectif. Un F-16 peut en emporter huit à la fois, selon la Défense.

Leur achat avait été approuvé en mars 2016 par le Conseil des ministres par un achat direct aux Etats-Unis, selon la procédure appelée FMS ("Foreign Military Sale"), via le Pentagone. Mais ce n'est que récemment qu'elles ont été livrées.

Ces SBD complètent la panoplie d'armements que peuvent emporter les chasseurs-bombardiers belges et composée de bombes de plus grande taille: des GBU-12, GBU-10, GBU-24 à guidage laser, des GBU-38 et GBU-31 guidées par GPS, et des GBU-54 "à double mode" (laser et GPS) de 250 kilos ou d'une tonne.