Depuis le lundi 19 octobre, c’est tout l’Horeca qui a dû fermer ses portes, tandis que des dizaines de milliers de Belges ont été mis en chômage temporaire. Résultat : les syndicats, et en particulier la Capac, l’organisme qui aide les personnes non syndiquées à recevoir leur allocation, sont débordés. "Nous sommes nombreux à ce jour à ne pas avoir touché notre chômage comme affiliés à la Capac ", nous indique Olivia, une Bruxelloise de 39 ans qui suit une formation en gestion. " J’ai envoyé ma carte de chômage par la poste le 25 octobre, et je n’ai toujours pas reçu mon allocation ! Après 10 jours d’appels sans réponse, ils m’ont finalement répondu, et visiblement il y avait un problème postal. J’ai donc été déposer ma carte directement dans leur boîte aux lettres en espérant qu’ils s’occupent de ma demande. J’ai aussi envoyé un mail mais je ne reçois pas de réponse, ni au téléphone non plus ! À qui s’adresser ? "

Ce retard de paiement d’allocation place Olivia dans une situation précaire. "J’en suis déjà plus qu’au plan B bis. Heureusement que j’ai une famille pour m’aider et un propriétaire conciliant. Enfin, il l’est pour un retard de loyer d’un mois, mais pas davantage ! En plus, mes retards de paiement de factures entraînent des rappels, des frais supplémentaires. Je ne comprends pas qu’on soit encore dans cette situation alors que la seconde vague du virus était annoncée et prévisible. Il aurait fallu engager du personnel."

Ces retards de paiement de chômage sont connus des autorités. " C’est courant depuis deux semaines ", nous précise le porte-parole de Pierre-Yves Dermagne (PS), ministre en charge du Travail. " Leurs lignes sont submergées et la Capac essaye de sortir la tête hors de l’eau. Ils veulent éviter de dégager en plus les gens qui traitent les dossiers pour les appels téléphoniques. Ils font tout pour résorber le retard mais ils sont tenus à la gorge. Il y a des retards mais ces paiements seront bien effectués."

La Capac, concrètement, est submergée de coups de fil. " On a certains jours plus de 20 000 coups de téléphone. Pour l’instant, c’est autour de 12 000. Nous sommes 500 personnes et avons engagé 70 personnes de plus. Mais, même si les collaborateurs ne faisaient que répondre au téléphone, ce ne serait juste pas possible", précise Inge Huyge, porte-parole de la Capac, qui se veut toutefois rassurante.

" Au début de la crise, en mars et en avril, il y a eu plein de problèmes, car les gens demandaient une allocation pour la première fois. Cela nous menait souvent à devoir chercher des infos manquantes, non fournies. Mais depuis, on a adapté les procédures et les paiements sont devenus automatiques. On est beaucoup plus à jour, en tout cas pour la majeure partie des dossiers. Mais ça n’exclut pas qu’il y ait des cas difficiles ", ajoute Inge Huyge. "La masse de travail, uniquement pour le chômage temporaire, a été multipliée par quarante. On a engagé plein de collaborateurs, mais un expert dans la matière chômage, il faut le temps pour le former. Notre personnel fait beaucoup d’heures supplémentaires, le soir et le week-end. Mais la fermeture des guichets, notre canal de communication principal, complique beaucoup notre travail. "