Les effets des mesures adoptées le 17 mars dernier ne se voient toujours pas dans l’évolution du nombre de cas.

Ce jeudi, on apprenait que 1 298 nouveaux cas de contaminations en Belgique avaient été détectés, ce qui porte le total à 6 235 personnes infectées par le Covid-19. Il y a en outre eu 42 personnes décédées au cours des dernières 24 heures, ce qui fait monter le bilan à 220 morts.

Une hausse significative du nombre de cas par rapport à ceux recensés mercredi. Pourtant, le pic de l’épidémie n’est pas encore passé. "L’épidémie est toujours dans sa phase ascendante. On n’a toujours pas atteint le pic. Les projections que l’on peut faire aujourd’hui, si les règles sont respectées, c’est que le pic arrivera dans les prochaines semaines, vers le début du mois d’avril", précise Emmanuel André, virologue et porte-parole interfédéral coronavirus.

Et dans la communication des données journalières, une petite nouveauté a fait son apparition : l’incidence par commune. "C’est une mesure importante pour contrôler l’effet de densité de la population sur l’épidémie. Et cela se vérifie. On constate que les cas sont plus nombreux au nord de la Belgique (en Flandre et dans le Brabant flamand), à Mons, Charleroi et Liège. Si les cas sont plus nombreux en Flandre, c’est donc parce que cette région est plus densément peuplée qu’en Wallonie, et c’est le même constat pour les zones les plus touchées à Bruxelles", détaille Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB.

"L’évolution est préoccupante"

Ce qui est très attendu par les experts, c’est d’avoir des explications et davantage de données concernant la répartition du nombre de cas. "Pour cela, il faudrait disposer des données par commune. Nous en avons fait la demande auprès de Sciensano et nous espérons pouvoir y avoir accès dès la semaine prochaine. Cela permettrait de réaliser des analyses plus fines afin de voir l’incidence locale de certaines caractéristiques de population dans les différentes régions", poursuit-il.

Les chiffres sont clairs : l’épidémie continue donc d’être en croissance, mais est-ce pour autant inquiétant ? "On assiste à un doublement tous les trois jours et demi. L’évolution est donc préoccupante. On ne voit toujours pas l’effet de ralentissement lié aux mesures prises le 17 mars dernier. Mais ce n’est pas totalement surprenant. Il faut qu’il y ait un temps d’incubation suffisant avant que l’état des gens se dégrade et qu’ils soient hospitalisés. Chaque jour, on se rapproche de la capacité maximale de nos hôpitaux. Nous sommes désormais dépendants des mesures prises le plus récemment", déclare encore Marius Gilbert.