Honneurs militaires, Brabançonne à l’ancienne, drapeau tricolore
Les photos de l'enterrement

BRUXELLES Des funérailles comme Paul Vanden Boeynants l’avait souhaité. A la cathédrale, avec les honneurs militaires – les quatre forces étaient représentées –, avec la Brabançonne comme on savait la jouer jadis, avec un drapeau tricolore ceignant le cercueil. En présence des plus hautes autorités – le Roi était représenté par son aide de camp et le Premier ministre était présent. Et avec ses amis, les vrais : Jos Chabert, Léo Tindemans, Herman De Croo qui diront à leur façon la fierté qu’ils ont eu de le côtoyer, Pierre Jonnart, l’ami de toujours, Aldo Vastapane, venu de Genève, Frans Reyniers, les familles Blaton et De Pauw, Stéphan Jourdain, André Gillain.
Une cérémonie dense qui durera près de trois heures, célébrée par le doyen de la cathédrale, Raymond van Schoubroek et celui de Laeken, Herman Cosijns, qui dans son homélie, rappellera “l’homme généreux, gentil, toujours prêt à rendre service, un homme qui avait un cœur pour les autres”.
“Quand il sortait de la salle de gymnastique à la place du Jeu de Balle”, poursuit le doyen Cosijns, “les gens venaient le voir, seulement pour le saluer. Il s’intéressait à la santé de ces personnes. Il était aussi très sensible à l’amitié. Il avait le cœur sur la main. Une fois disparu de la scène publique, il était un homme attachant, ouvert, naturel, simple. Il n’a jamais nié ses origines. Il en était même fier.”
Une cérémonie traversée par les chants sublimes de Rita De Rijgher, perchée à l’orgue, que le plus mélomane de nos ministres d’Etat, Willy Claes, appréciait en connaisseur.
Une cérémonie émouvante lorsque les enfants et les petits-enfants de VDB sont venus à tour de rôle s’exprimer devant l’assemblée: son fils a dit ce qu’il fallait dire (lire par ailleurs), ses filles ont été exceptionnelles – “J’avais un père plus grand que nature et je l’aimais”, a dit l’une d’elle, la voix brisée par l’émotion - et ses petits-enfants – “Papy, je t’aime et il est hors de question de mettre cela à l’imparfait” – sont bien dignes de leur grand-père.
Dans une aile, à droite du chœur, plusieurs confréries s’étaient associées à l’hommage que le pays rendait à VDB: le grand ordre des bouchers belges, les supporters de l’union saint-gilloise, dont VDB était l’un des plus fidèles ou encore la confrérie des Mangons (Liège).
Après la Brabançonne, interprétée par la Force Aérienne, c’est dans la plus stricte intimité ensuite que la famille, le premier cercle des amis, dont les ministres Chabert et Tindemans, se sont réunis au cimetière de Bruxelles-Evere où Paul Vanden Boeynants a été inhumé dans le caveau de famille. Une réception avait lieu ensuite au Cercle de Lorraine.

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