Belgique

La Chambre tiendra jeudi sa première séance plénière depuis les vacances dans un climat d'incertitude particulier. Le gouvernement fédéral est en affaires courantes depuis la fin décembre et les négociations en vue de former un nouvel exécutif n'ont pas encore commencé. La séance sera brève: des questions d'actualité au gouvernement sont prévues, dans le cadre strict des affaires courantes, ainsi que des prestations de serment de députés. Les informateurs royaux, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), remettront début octobre leur rapport final quatre mois après avoir été désignés par le Roi. Ils espèrent qu'une phase de formation d'un gouvernement fédéral pourra ensuite commencer. Les exécutifs germanophone, bruxellois, wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont constitués. La Flandre, en revanche, se fait attendre. La constitution d'une équipe ministérielle autour de Jan Jambon (N-VA) pourrait débloquer la situation fédérale. Elle est attendue dans les jours qui viennent.

Quelles seront les chances de succès des informateurs? Ils ont retenu pour la phase finale de leur mission six partis: le PS, le sp.a, la N-VA, le MR, l'Open Vld et le CD&V. Les écologistes n'y sont plus. Leur absence (justifiée par le refus d'Ecolo de parler avec la N-VA) laisse donc penser que c'est la piste d'une coalition avec le PS et la N-VA qui est privilégiée. Deux obstacles sérieux se dressent toutefois. Le premier: le PS ne veut pas non plus discuter avec la N-VA et privilégie toujours une alliance entre écologistes, socialistes, libéraux et éventuellement le CD&V. Le second: parmi ces six partis, il y en a un de trop du côté flamand, en l'occurrence le CD&V ou l'Open Vld, qui tous deux négocient avec la N-VA en Flandre. Et le PS a mis discrètement la pression sur les libéraux flamands: pas question pour lui d'avoir trois partis de droite face à lui (N-VA, MR et Open Vld). En d'autres termes, si l'Open Vld veut absolument une coalition avec la N-VA... cela risque d'être sans lui.

Les affaires courantes pourraient durer encore un certain temps. Le gouvernement fédéral déposera d'ailleurs sous peu à la Chambre un projet de loi poursuivant les douzièmes provisoires jusqu'à la fin de l'année. Les échéances budgétaires se font pourtant pressantes. L'Europe attend une épure de budget pour le 15 octobre dans un contexte où les finances publiques dérapent. Et d'autres problèmes pourraient se poser, en particulier un Brexit sans accord dont la Belgique sera l'une des premières victimes.

Si les tractations fédérales s'enlisent, il faudra adapter une nouvelle fois la composition du gouvernement fédéral. Le 1er novembre, le vice-Premier ministre MR et ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders, rejoindra la Commission européenne. Le 1er décembre, ce sera au tour du Premier ministre, Charles Michel, de s'envoler vers la présidence du Conseil européen. Le nom de la ministre du Budget, Sophie Wilmès, a été cité pour lui succéder mais, jusqu'à présent, les deux intéressés ont refusé de se livrer à la moindre spéculation. L'urgence est de former un nouveau gouvernement, ont-ils rappelé.