Vous avez été nombreux, au cours du week-end dernier, à vous interroger sur le sens précis à donner à l’une des nouvelles mesures sanitaires annoncées vendredi soir par les décideurs politiques pour lutter contre la propagation du coronavirus en Belgique. Dès ce lundi 2 novembre à minuit, les commerces jugés "non essentiels" devront en effet fermer leurs portes pour au moins un mois. C’est, depuis dimanche, inscrit noir sur blanc dans l’arrêté ministériel pris à cette fin par le gouvernement De Croo et qui est publié au Moniteur belge.

Samedi matin, le doute planait pourtant encore ici et là quant à l’étendue de ce qu’il faut considérer ou non comme essentiel dans notre société moderne. En tête, le débat autour des librairies, qui resteront bel et bien ouvertes en Belgique, a fait couler beaucoup d’encre ces dernières heures. Dans la liste initiale (des commerces pouvant rester ouverts) rédigée vendredi par le Comité de concertation, ne figuraient pas les librairies mais uniquement les marchands de journaux. "Une omission", nous assure-t-on en coulisse puisque, de la volonté générale du gouvernement De Croo et des ministres-Présidents, les librairies devaient intégrer cette liste. Cette dernière a donc été revue et corrigée samedi matin.

Pour mémoire, lors de la première vague de contaminations au printemps dernier, le gouvernement fédéral alors dirigée par Sophie Wilmès (MR) avait fait fermer les librairies. Cette fois, il semble que le nouvel attelage fédéral et les exécutifs fédérés aient été sensibles à l’importance de la culture et des livres pour aider psychologiquement la population belge à passer le cap de ce second confinement.

Les fleuristes peuvent, cette fois, rester ouverts

"Heureusement, marchands de journaux et librairies pourront rester ouverts en Belgique, dans le strict respect des règles sanitaires. Soignons les corps sans oublier les têtes !", a ainsi commenté samedi matin le vice-Premier Georges Gilkinet (Écolo) sur la twittosphère. De quoi titiller la curiosité des Français dont le gouvernement a pour sa part décidé de fermer les librairies durant ce second confinement.


En Belgique, le Comité de concertation a en fait repris la liste élaborée (et déjà une première fois amendée !) lors de la première vague et y a apporté quelques ajustements. En cette période de la Toussaint, les fleuristes ont par exemple été autorisés à rester ouverts.

Outre ces derniers, librairies et marchands de journaux donc, peuvent rester ouverts sur le territoire belge les commerces d’alimentation (y compris ceux de nuit), notamment pour animaux, les pharmacies, les stations services et fournisseurs de carburants, les magasins de télécommunications (sauf pour les magasins qui vendent uniquement des accessoires) et sur rendez-vous, les magasins de dispositifs médicaux pour les urgences, les magasins d’assortiment général de bricolage qui vendent principalement des outils et des matériaux de construction, les jardineries, les pépinières et magasins de plantes, les commerces de détail spécialisés qui vendent des tissus d’habillement, fils à tricoter et articles de mercerie, les magasins en gros destinés aux professionnels, uniquement au bénéfice de ces derniers, les blanchisseries, les garages, limités aux services de dépannage et de réparation (en ce compris le montage des pneus hiver), et les magasins de bicyclettes, limités à l’entretien et aux réparations, les prestataires de services indépendants et enfin, les syndics. Pour les autres commerces, les livraisons et le click and collect sont autorisés.

Décision non négligeable, enfin, les grandes surfaces qui vendent des produits similaires à ceux des petits commerces fermés doivent impérativement vider leurs rayons, afin d’éviter toute concurrence déloyale vis-à-vis de ces commerçants.