43 lundi, 50 mardi, 58 mercredi et 71 hier jeudi... Les chiffres des nouvelles admissions à l'hôpital dévoilés par le SPF Santé publique et Sciensano (voir graphe ci-dessous) n'ont fait qu'augmenter au fil de la semaine. Faut-il dès lors s'inquiéter? Deux experts ont répondu à cette question pour nos confrères flamands de VTM Nieuws.

Herman Goossens, microbiologiste à l'Université d'Anvers, commente les derniers chiffres et se veut rassurant. "Nous constatons en effet une légère augmentation de jour en jour. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Nous ne constatons plus un fort déclin de la courbe, mais bien une stagnation ou une petite augmentation, ce qui est un peu inquiétant. Mais 71 admissions à l'hôpital reste finalement un nombre très faible."

Le virologue Steven Van Gucht estime lui aussi qu'il ne faut pas céder à la panique: "Si on regarde la moyenne sur sept jours, c'est environ 60 admissions par jour. Le nombre de ce jeudi [NDLR: 71] est donc légèrement plus élevé, mais cela peut être lié à l'effet week-end." Les chiffres du lundi et mardi ont en effet tendance à être plus bas car plus de cas sont signalés plus tard dans la semaine. Et le virologue d'insister: "Nous devons bien entendu envisager le long terme, mais cela ne nous inquiète pas pour le moment."

Quant à savoir si les mesures de déconfinement décidées pour la fête des mères et à partir du 11 mai ont déjà un impact sur les chiffres, Herman Goossens se veut prudent. "Nous devrons attendre quelques jours de plus pour voir l'impact de l'ouverture des magasins et de l'extension de la 'bulle' de 2 à 4 personnes. Nous pouvons commencer à mesurer cela à partir d'aujourd'hui et demain [NDLR: entendez, à partir de ces jeudi et vendredi]. Mais c'est un week-end prolongé donc ce sera encore très difficile à estimer correctement."

Si Herman Gossens ne s'attend pas à une deuxième vague, il pense qu'il y aura "probablement une augmentation" liée aux mesures du 11 mai et affirme que l'on pourrait déjà y voir plus clair mardi ou mercredi prochain. ll reste tout de même prudent. "La sous-estimation est la meilleure amie de ce virus", reconnait-il. 


(1)Les experts ont été interrogés avant le bilan de ce vendredi, où a été observée une baisse des hospitalisations.