La députée CDH Catherine Fonck fustige le texte et appelle à une modification d’urgence.

Ce jeudi, un projet de loi initié par la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD) sera voté en séance plénière à la Chambre et vise à réduire le prix de certains médicaments. "Et si l’intention est louable, le diable se cache dans les détails" , explique la députée Catherine Fonck (CDH).

Le montant du ticket modérateur de toute une série de médicaments devrait diminuer cette année à hauteur de 58 millions d’euros pour les médicaments contre l’ostéoporose, l’asthme, l’hypertension, l’épilepsie, la maladie d’Alzheimer, la dépression ou encore certains cancers. Mais, dans son application concrète, "48 millions d’euros d’économie seraient imposés aux hôpitaux. Et quand on sait qu’ils sont déjà dans une situation d’équilibre financier fragile, la situation va encore plus s’aggraver, c’est totalement inacceptable !", poursuit la cheffe de groupe à la Chambre. "La ministre a expliqué que les hôpitaux devront se débrouiller avec les industries pharmaceutiques en mettant la pression sur ces dernières. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi. Il y a des appels d’offres publics qu’on ne peut pas modifier comme ça."

La loi réduirait ainsi le remboursement de certains médicaments aux officines hospitalières plutôt que d’imposer des réductions de prix de vente directement à l’industrie pharmaceutique. Ce sera ensuite aux hôpitaux de négocier de nouveaux tarifs avec leurs fournisseurs.

L’ex-ministre de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles souhaiterait donc faire modifier ce volet via un amendement. "Une modification est indispensable, sinon il y aurait un impact direct et certain auprès du personnel hospitalier ainsi que sur la qualité des soins. Je lance un appel à la Première ministre, au ministre du Budget et à tous les partis démocratiques du pays pour que cette loi ne passe pas en l’état actuel."

Catherine Fonck est soutenue par les fédérations du secteur des soins de santé au nord et au sud du pays.

"La ministre De Block considère-t-elle les hôpitaux belges comme de simples variables d’ajustement budgétaire ? On serait tenté de le croire… Madame De Block, les caisses des hôpitaux ne sont pas des coffres au trésor. Ce que vous y puisez se répercute directement ou indirectement sur les investissements réalisés et, in fine, sur les patients ainsi que sur la qualité de leurs soins", lance ainsi Unessa, la Fédération d’hôpitaux associatifs wallons.