Interrogé par LN24, le Pr Michel Goldman, professeur en immunologie à l'ULB, est revenu sur la situation de la Belgique. Selon lui, le pays se trouve dans une situation intermédiaire et plusieurs inconnues subsistent. "La vaccination progresse mais elle n'est pas suffisamment avancée pour que l'on soit complètement rassurés sur la protection de la situation dans les hôpitaux. Et en même temps, on voit bien que ce variant est très contagieux et que la transmission est très active. Donc on doit faire preuve de prudence et je pense que ce "covid safe ticket" rentre dans cette stratégie là", a-t-il commenté.

Quant à un futur assouplissement des mesures, l'immunologue préfère rester prudent. "Je pense qu'il faudra voir comment la situation va évoluer, disons à la rentrée de septembre, pour voir si on peut à ce moment-là assouplir les mesures ou au contraire, voir s'il faudra les renforcer. Je pense que c'est très difficile à prédire aujourd'hui", a-t-il indiqué.

Le professeur est également revenu sur le choix posé par le gouvernement belge d'éviter les mesures coercitives qu'il qualifie de raisonnables étant donné les résultats "encourageants" obtenus par la campagne de vaccination. Il a tout de même souligné qu'à côté de l'appel à se faire vacciner le plus rapidement possible, un deuxième message était envoyé aux belges : la menace est toujours là. "Et cette menace est toujours là, en particulier pour les plus vulnérables. Je pense que le message essentiel est que les plus vulnérables qui hésitent encore et qui ne se sont pas encore fait vaccinés doivent se faire vacciner", a-t-il déclaré. Enfin, le Pr Goldman a insisté sur l'importance d'administrer une troisième dose aux personnes n'ayant pas bien répondu au vaccin, comme c'est le cas en France et en Israël. "J'espère que la Belgique va suivre ce chemin", a-t-il conclu.

Un grand test en automne-hiver

De son côté, Steven Van Gucht, invité sur le plateau de VTM Nieuws, a attiré l'attention sur la gestion de la crise du coronavirus de la Belgique. "Si vous comparez notre pays avec les Pays-Bas et le Royaume-Uni, nous avons abordé la question de manière un peu plus réfléchie. Nous avançons plus calmement et il n'y aura pas d'annonces trop importantes", a déclaré le virologue, qui reste prudent quant à la date du premier septembre avancée par Alexander De Croo. "Je n'oserais pas donner des garanties telles que 'à partir du 1er septembre, ce sera certainement possible'. J'aimerais attendre et voir comment les chiffres évoluent".

Selon le porte-parole interfédéral, la Belgique est encore dans une phase de grande incertitude et la campagne de vaccination doit encore toucher à sa fin. "Le grand test du système aura lieu en automne et en hiver", a indiqué Steven Van Gucht. "Ce n'est qu'alors que nous saurons si nos barrières sont solides et si nous pouvons déclarer la pandémie 'terminée'. Ensuite, je veux voir passer l'automne et l'hiver et voir quel en sera l'impact. L'été dernier a également été relativement calme dans les hôpitaux, les problèmes n'ont commencé à faire surface qu'en septembre et octobre", a-t-il rappelé.

Trop tôt pour les événements de masse

Le biostaticien Geert Molenberghs a lui aussi réagi prudemment aux mesures annoncées lors de la conférence de presse. "C'est une bonne chose que la décision ait été prise de ne pas tout ouvrir le 1er septembre. La Belgique se porte généralement bien. Si les gens restent prudents, notamment en ce qui concerne le nombre de contacts sociaux et de voyages, nous pouvons continuer sur cette lancée."

Il s’est également montré critique envers le gouvernement et le manque de contrôles aux frontières. "Il a déjà été annoncé qu'il y aurait des contrôles plus stricts, mais cela reste un point sensible. Je donne au Comité de concertation le bénéfice du doute, mais il faudra le voir avant d’y croire."

Quant au Pukkelpop, prévu du 19 au 22 août, l’expert estime qu’il est trop tôt malgré l’utilisation du Covid Safe Ticket. "Les tests PCR peuvent montrer des failles. Si une personne est testée positive à Pukkelpop et qu'elle infecte une personne dont le test est négatif, mais qui n'a pas encore été vaccinée, le bal peut recommencer”, met en garde Geert Molenberghs. “Lorsque les gens sont vaccinés, ils sont moins susceptibles d'être infectés et sont également mieux protégés contre les faux négatifs. Il est donc préférable d'attendre, pour les événements de masse, que la majorité de la population ait été entièrement vaccinée."